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Rédaction

Doit-on conserver les feux tricolores ?

11 avril 2017 à 13h36 Par Rédaction

Il est loin, le temps où les feux rouges étaient respectés. Plusieurs villes ont décidé ces derniers mois de les supprimer pour fluidifier le trafic et améliorer la sécurité. Mais est-ce la bonne solution ?

Halte aux feux tricolores. De plus en plus de villes françaises ont décidé de changer leur fusil d’épaule en supprimant les feux pour réduire les embouteillages. Objectif également : faire baisser le nombre d’accidents car un tiers d’entre eux (soit 10 000) se produisent chaque année au niveau de ces carrefours et sont responsables de la mort de 150 personnes et des blessures de 1 500 autres.

Comment ça se passe chez nous ?

A Angers, certains feux ont été supprimés. La rénovation de la place du Lycée les a effacés il y a un an. Pour l’adjointe à la voirie, leur suppression a permis de diminuer la vitesse. D’autant qu’en leur présence, les automobilistes avaient tendance à accélérer pour passer au vert à l’orange. De plus, cela permet d’aérer le paysage urbain. Petit bémol tout de même, pour les personnes souffrant de handicap visuel. Ces dernières bénéficiaient jusque-là du boitier électronique qui déclenche un signal sonore lorsque la voie est libre.

A Blois, beaucoup de professionnels ont des idées pour améliorer la circulation en centre-ville.
Pour Franck, conducteur de taxi interrogé par nos confrères de la Nouvelle République, « un rond-point suspendu à l’entrée de l’avenue du Maréchal-Maunoury permettrait de fluidifier le trafic ». Pour d’autres, cela permettrait d’inciter les automobilistes à ralentir en ville car un cédez-le-passage ou un stop à l’entrée des ronds-points peut être plus dissuasif qu’un feu rouge.

Enfin dans la Nièvre, à Decize, on a fait le choix de se passer de feux tricolores il y a déjà plus de 25 ans. Et selon les élus, pas question de revenir en arrière. La ville est même allée plus loin en supprimant tous les cédez-le-passage, ronds-points et stop. Decize étant un passage fréquenté, notamment par les camions pour la traverser de la Loire, la décision a été prise pour stopper les kilomètres de bouchons qui bouchaient l’horizon.

Et chez nos voisins ?

A Paris, une expérimentation est en cours. Dans certains quartiers, les feux rouges ont été supprimés pour voir l’évolution des comportements. A Bordeaux, ce sont 300 feux qui seront enlevés dans les prochaines années. A Abbeville, les habitants ont constaté une amélioration du trafic après un temps d’adaptation. La ville envisagerait même de supprimer son dernier feu rouge encore en circulation.

Et le phénomène n’est pas uniquement français. A l’étranger, aux Etats-Unis du côté de Philadelphie, le test a permis de réduire de 25% le nombre d’accidents sur les intersections concernées.

Les feux rouges, nouvelle norme sur autoroute ? 

Les feux rouges pourraient en revanche fleurir le long... de nos autoroutes ! L'initiative, testée en ce moment en région lilloise et en Ile-de-France pourrait se généraliser partout en France. Ces feux, destinés à fluidifier le trafic, ne s'activent que si la circulation se densifie. Le principe est très simple : des capteurs situés sur l'autoroute permettent d'évaluer en temps réel la situation du trafic routier. S'il devient trop dense, les feux tricolores se déclenchent à l'entrée de l'autoroute. Côté automobiliste, il faudra prendre son mal en patience pendant 30 secondes, d'après la Dirif qui a publié les premiers résultats. Autres buts attendus : diminuer le temps de trajet de 15%, augmenter la vitesse moyenne de 10Km/h, réduire les risques d'accidents de 20% et diminuer de 30% les émissions polluantes.