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Journée internationale des droits des femmes : lutter contre les stéréotypes des métiers

06 mars 2020 à 06h20 Par Etienne Escuer
Image d'illustration. Une femme mécanicienne.
Crédit photo : Commons - Photokadaffi

En Bourgogne-Franche-Comté, l’association FETE, femmes égalité emploi, lutte contre les stéréotypes sexistes dans le monde du travail.

La santé, le secrétariat ou la coiffure pour les femmes ; le BTP, la restauration, les nouvelles technologies ou la sécurité pour les hommes… Les métiers sont encore aujourd’hui très stéréotypés ! Si la journée internationale du droit des femmes a lieu ce dimanche 8 mars, l’association FETE se bat toute l’année contre ces stéréotypes en Bourgogne. Selon Claire Duchet, chargée de mission pour l’association, des métiers vus traditionnellement comme masculins ou féminins, « il y en a plein ! 88% des femmes se concentrent sur quinze métiers, dans la santé, le social, le ménage, l’esthétique, la coiffure et tout ce qui est administratif, comme le secrétariat ou la comptabilité. »

 

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Déconstruire les stéréotypes

Pourquoi ces métiers sont-ils vus comme masculins ou féminins ? « C’est lié à des prétendues qualités naturelles », poursuit Claire Duchet. « La sensibilité, l’écoute, et l’empathie sont attribuées aux femmes ; la force et l’autorité d’actions aux hommes. Mais la part d’inné est vraiment infime. Ce sont surtout la société et l’éducation qui ont forgé ces différences. »

 

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Pour l’association, il est impératif de déconstruire tous ces stéréotypes dès le plus jeune âge, en évitant par exemple d’enfermer les enfants avec un certain type de jouets, par exemple les poupées et dinettes pour les filles, voitures, armes et jeux de construction pour les garçons.

Des métiers plus précaires et moins bien rémunérés pour les femmes

Les stéréotypes ont en plus de lourdes conséquences dans le monde du travail. « Les femmes sont concentrées dans des métiers qui proposent souvent du temps partiel. 80% des emplois à temps partiel sont occupés par les femmes ! », détaille Claire Duchet. Si l’on ajoute une rémunération plus basse et le plafond de verre qui empêche les femmes d’accéder à des postes à responsabilités, « cela se traduit par un écart de 40% des pensions de retraites entre les hommes et les femmes, et donc plus de précarité et de pauvreté chez les femmes du troisième âge. »

 

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Les mentalités commencent à évoluer

Les mentalités ont-elles évolué ces dernières années ? « Il y a de moins en moins de jeunes qui me disent que des métiers ne sont pas possibles pour des filles ou des garçons », se réjouit Claire Duchet, avant de relativiser. « Mais chez les filles, de là à s’y projeter soi-même, ça n’évolue pas. Chez les collégiennes ou lycées, on n’en sort pas des métiers de la petite enfance, de l’esthétique, la décoration d’intérieur, etc. » Un secteur pose notamment problème selon la chargée de mission de FETE : les nouvelles technologies. « On va avoir besoin de plus en plus de monde, et c’est un domaine où il y a de moins en moins de femmes. Cela risque de renforcer les inégalités déjà importantes. »

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FETE intervient toute l’année dans les établissements scolaires, les collectivités ou les entreprises. Plus d’informations à retrouver sur le site de l’association.