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Info générale

Le vrai marché du faux Made in France

13 juillet 2017 à 09h07 Par Rédaction

La notion du « made in France » existe-t-elle vraiment ? En tout cas, elle est régulièrement utilisée de manière abusive. En effet, l'ONG Foodwatch dénonce une série de produits qui revendiquent le made in France alors que leurs ingrédients viennent parfois de l'étranger. Décryptage :

Selon un sondage Ifop réalisé en octobre 2016, 9 Français sur 10 se disent prêts à payer un peu plus cher pour un produit français. C’est en s’appuyant sur les résultats de cette étude que de nombreux industriels ont voulu s’engouffrer dans la brèche. Si vous avez l’habitude de vous rendre en grande surface, vous avez déjà pu apercevoir sur certaines étiquettes la mention "Viande Bovine Française". Une mention souvent synonyme d’arnaque. Il suffit souvent de retourner la boîte pour s’en rendre compte.

Foodwatch veille à notre santé

Et c’est d’ailleurs ce qu’a fait l’ONG européenne Foodwatch, spécialisée dans les scandales sanitaires. Pendant des mois, elle a défilé dans les rayons des grandes surfaces, à la recherche d’arnaques alimentaires. Et le moins que l’on puisse écrire, c’est qu’elle a été gâtée.

Selon le journal « Aujourd’hui en France », l’organisation a par exemple découvert un bocal de minicornichons aux deux vinaigres de la marque Charles Christ. La présentation a l’air alléchante, avec l’indication « conditionné en Sarthe » surlignée d’un bandeau bleu – blanc – rouge et accompagnée d’une mention « cueillis à la main ». Quoi de mieux qu’une belle formulation pour appâter le consommateur avide de produit du terroir. Sauf qu’en retournant le bocal, on découvre que les cornichons en question proviennent « d’Inde ».

Une pratique déloyale, pas illégale

Avec l’exemple évoqué précédemment, l’expression « jouer sur les mots » prend tout son sens. On pourrait même ajouter « jouer sur le sens des mots ». Car si les cornichons ne proviennent pas de France, le conditionnement final du produit, a bien été réalisé dans l’Hexagone.

Selon Ingrid Kragl, la direction information de Foodwatch, les industriels jouent sur l’ambiguïté. Problème, qu’en est-il lorsqu’un consommateur pense soutenir une filière en achetant tel ou tel produit ? On n’appelle pas cela de la tromperie ?