« On ne sait pas où on va », confie la sabreuse orléanaise Cécilia Berder

15 mai 2020 à 11h37 Par Etienne Escuer
Image d'archives. Non, le masque d'escrime n'est pas homologué pour protéger du coronavirus !
Crédit photo : Rédaction / Etienne Escuer

Le déconfinement a été l’occasion pour de nombreux athlètes de haut niveau, comme la sabreuse orléanaise Cécilia Berder, de reprendre le chemin de l’entraînement.

Si vous avez ressenti de la frustration de ne pas pouvoir faire votre sport hebdomadaire habituel pendant le confinement, imaginez un peu celle des sportifs et sportives de haut niveau. Habituée à des entraînements intensifs et quotidiens, la coupure a été brutale, confirme la sabreuse du Cercle d’escrime orléanais, Cécilia Berder : « Quand l’entraîneur nous a dit le vendredi que le centre d’entraînement fermait et qu’on allait devoir rester chez nous, on s’est dit que c’était une petite blague, que ça allait durer une semaine ». Une fois le confinement accepté malgré tout, un événement est en plus venu saper le moral de la championne du monde par équipe 2018, qui a appris le report des Jeux Olympiques de Tokyo en 2021. Une compétition pour laquelle elle s’était qualifiée. « Ça a été très dur », confie-t-elle. « Il a fallu passer le cap, se redéfinir autrement que sportive. Mais on se rend compte que la vie ne s’arrête pas, qu’elle continue ! ». Cécilia Berder s’est donc plongée dans les livres, s’est intéressée au fonctionnement du corps humain ou s’est remise au yoga.

 

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Des entraînements en intérieur pendant deux mois

Respectueuse du confinement, la sabreuse a privilégié les entraînements en intérieur. « C’était un peu du bricolage ! », explique-t-elle. « Vélo d’appartement, gainage maison… Côté escrime, c’était plutôt quand le cœur m’en disait. J’enfilais mes chaussures et dans mon couloir, je retrouvais des sensations. Ça m’a permis de faire de la visualisation : vous fermez les yeux et vous vous imaginez sur une piste d’escrime. Vous pouvez choisir la couleur, votre adversaire et le score ! »

 

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« Les grands espaces, ça m'avait terriblement manqué ! »

 

Cécilia Berder a pu retrouver mardi 12 mai le plaisir des entraînements en extérieur, en petit groupe. « C’était assez étonnant parce que dans le sport, les contacts sont permanents. On se checke pour dire bonjour, on se tape dans le dos, etc. Là, on était tous bien sages, à au moins un mètre l’un de l’autre », raconte-t-elle. « On est allés courir dans les bois, j’ai retrouvé les grands espaces, ça m’avait terriblement manqué ! » Au programme également dehors : déplacements, crossfit et gainage. « Une bonne heure de retrouvailles, ça a permis de remettre le pied à l’étrier. Ça fait du bien, on avait l’impression que c’était la rentrée de septembre, qu’on avait eu des vacances », confie la plus orléanaise des Bretonnes.

 

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Aucune compétition prévue pour l'instant

Le retour à la normale n’est toutefois pas pour tout de suite. Toutes les compétitions sont annulées et les Jeux Olympiques sont reportés. Pas facile à gérer quand on est athlète de haut niveau et qu’on travaille avec des objectifs. « C’est le plus difficile à gérer parce qu’on ne sait pas où on va », explique Cécilia Berder. « Il me tarde d’avoir un calendrier, pour me dire d’être prête pour ce jour-là. Mais j’ai appris à vivre au jour le jour ! ».

 

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Sans Jeux Olympiques, le défi des sports confidentiels pour attirer des licenciés

Avec l’annulation des compétitions, où sont versées des primes, ainsi que le report des JO et la possible défection de sponsors, les athlètes craignent-ils pour leur carrière ? « Pour mon quotidien, ça ne va pas changer grand chose », assure Cécilia Berder qui gagne aussi sa vie grâce à son travail de journaliste pour un média national. « Mais pour les clubs, amateurs ou professionnels, il va falloir continuer à attirer les jeunes. Pour des sports confidentiels comme l’escrime, les JO, c’était un vrai coup de projecteur. »

 

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L’escrime est en plus le sport idéal, plaisante Cécilia Berder : « On est habitués au port du masque et à la distance ! Je préférerais tout de même porter mon masque habituel que celui qu’on nous donne. Mais un masque grillagé, je ne suis pas sûre que ça serve à grand chose ! »