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Rédaction

Peut-on adopter quand on est célibataire?

06 décembre 2016 à 11h50 Par Rédaction

Sachez qu'en France vous pouvez adopter même lorsque vous êtes célibataire mais le parcours n'est pas simple car certains pays refusent que leurs enfants soit adoptés par des célibataires comme l'Ukraine ou la République démocratique du Congo par exemple.

Sachez déjà que de manière générale, il n'y pas énormément d'enfants adoptables en France. Françoise Floch, qui anime sur le Web un groupe de discussion sur l’adoption par des célibataires explique: "Sur le forum, je n’ai connu, en tout et pour tout, que deux personnes sur 2 700 qui ont réussi à adopter un enfant pupille de l‘État".

Donc forcément, ceux qui veulent adopter se tournent vers l'étranger où les législations peuvent varier.

Voici quelques réponses à des idées reçues et conditions pour adopter expliquées par Robert Pavy, de l’Espace Paris Adoption et Françoise Floch pour Madame Figaro.

Les hommes n’ont pas le droit d’adopter seuls.
Faux. Chez nous, une femme seule comme un homme seul peut adopter tout comme un couple.

Pour les célibataires, l’âge est un facteur important pour recevoir l’agrément.
Vrai. L'âge minimum demandé est de 28 ans pour faire une demande d’agrément en tant que célibataire en France. Les personnes qui adoptent seules ont en moyenne une quarantaine d’années. Il n’y a théoriquement pas d’âge maximum mais quand on avance en âge, les choses se compliquent pour adopter un enfant jeune.

C’est cher.
Vrai. Oui il vaut mieux prendre des grosses précautions financières! Seul ou en couple, à l’international, il faut compter environ 6 000 € pour les frais de procédure, le coût du voyage et de l’hébergement sur place. « Ensuite, cela est très variable selon les situations : dons à l’orphelinat, passage par des facilitateurs… Mais il faut que les postulants soient vigilants. Si on vous demande trop d’argent, méfiez-vous ! » selon Robert Pavy. D'après Françoise Floch, pour l’ensemble de la procédure, il faut compter de 2 000 € au Mali par exemple, à 12 000 € via l’Agence française de l’adoption (AFA) en Russie. « Et les frais atteignent souvent plus de 15 000 € en passant par certains cabinets d’avocats dans la région de Moscou en procédure individuelle. »

C’est deux fois plus long pour une personne seule que pour un couple.
Faux. Le délais dae délivrance de l’agrément prend environ neuf mois et ce pour tous. Ensuite, cela dépend des profils. Selon Robert Pavy, généralement les adoptions se font entre la deuxième et la quatrième année de l’agrément, dont la validité dure cinq ans.
« Mais parfois, explique Françoise Floch, les candidats arrivent au bout de leur agrément sans avoir adopté et doivent le renouveler. » Et actuellement, les délais se rallongent incroyablement. « À Haïti, même avant le séïsme, il fallait attendre près de deux ans pour que la procédure d’adoption aboutisse. Alors qu’il y a deux ou trois ans, l’enfant pouvait être là au bout de six ou sept mois. ».

Certains départements français sont plus favorables que d’autres à délivrer l’agrément à des célibataires.
Vrai. « On peut déceler des sensibilités d’un département à l’autre », d'après Robert Pavy. « Dans les faits, il est plus compliqué d’adopter seul dans le Val-de-Marne qu’à Paris, par exemple », atteste Françoise. Ce qui conduit certaines personnes à déménager pour pouvoir adopter.

Un célibataire a plus de chances de pouvoir adopter un enfant de 5 ans qu’un bébé.
Vrai. « Que ce soit pour les célibataires ou les couples, les enfants proposés aujourd’hui à l’adoption sont souvent plus
âgés », explique Robert Pavy. La Colombie, par exemple, ne propose plus aux célibataires que des enfants de plus de 8 ans.

Il faut préciser ses pays préférés pour l’adoption.
Faux. Selon Françoise Floch, mieux vaut ne pas énoncer de préférence pour le pays d’origine de l’enfant : "En effet, si un pays ferme à l’adoption pour les célibataires, si votre dossier n’est pas sélectionné ou si vous êtes sur une liste d’attente avec très peu d’espoir de voir votre projet aboutir, vous vous retrouverez avec un agrément inutilisable."

L’adoption est interdite dans un pays régi par la kafala.
Vrai. La kafala, tirée du droit coranique, se retrouve dans les pays de tradition musulmane. Elle ne permet pas l’adoption en tant que telle, c’est plutôt une mise sous tutelle. « C’est-à-dire qu’une personne qui recueille un enfant au Maroc en contractant une kafala peut le ramener en France, mais juridiquement il ne peut pas inscrire l’enfant dans sa filiation. Celui-ci ne pourra jamais hériter, par exemple », explique Robert Pavy. Néanmoins, au bout de cinq ans sur le territoire, une demande de nationalité peut être formulée. « Et le recours à la kafala peut être autorisé pour les femmes seules », continue Robert Pavy.