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Info générale

Plan de relance : emploi, compétitivité, écologie… que réserve "France relance" ?

03 septembre 2020 à 14h32 Par Iris Mazzacurati avec AFP
Objectif du plan "France relance" : ramener l’économie française à son niveau d’avant la crise sanitaire, en 2022.
Crédit photo : Ludovic Marin / POOL / AFP

100 milliards d’euros, 3 axes prioritaires… Que recèle "France relance", le plan de relance pour l’emploi et la compétitivité présenté par le Premier ministre Jean Castex, ce jeudi 3 septembre ?

Le Plan "France relance", présenté ce jeudi 3 septembre par le Premier ministre Jean Castex, a pour objectif de ramener l’économie française à son niveau d’avant la crise sanitaire en 2022. Pour y parvenir : 100 milliards d’euros, deux ans et trous priorités : l’emploi, la compétitivité et l’écologie.

« L’emploi est notre priorité absolue »

Le plan de relance de 100 milliards d'euros sur deux ans présenté jeudi par le gouvernement "produira des effets concrets et perceptibles pour le plus grand nombre", a promis le Premier ministre en soulignant que l'emploi en constituait la "priorité absolue". 800 000 suppressions d'emplois sont attendues cette année.

Pour mettre en œuvre ce plan "d'une ambition et d'une ampleur historique", le chef du gouvernement a appelé, "au sens des responsabilités de tous les acteurs pour que les entreprises embauchent, à commencer par les jeunes, pour que les partenaires sociaux dialoguent et trouvent des accords, pour que les collectivités investissent aux côtés de l'État (...) et pour que les ménages investissent et consomment au lieu d'épargner".

"J'espère que le plan de relance en 2021 créera 160 000 emplois. C'est notre objectif", avait déclaré, le matin même à la radio, Jean Castex.

3 axes prioritaires 

30 milliards d'euros seront ainsi consacrés au verdissement de l'économie, une "accélération sans précédent", souligne le gouvernement. Les ONG, elles, dénoncent l'absence de conditions fermes aux aides versées aux entreprises.

Le transport bénéficiera notamment de 11 milliards d'euros, dont 4,7 milliards pour la SNCF afin de financer le fret ferroviaire, les petites lignes et le train de nuit.

Près de 7 milliards d'euros seront aussi alloués à la rénovation énergétique des bâtiments, , dont 4 milliards pour le parc public (écoles, universités, etc.) et 2 milliards dédiés aux ménages. 

Pour réindustrialiser les territoires, le plan mise sur l'amélioration de la compétitivité des entreprises, avec 35 milliards d'euros mobilisés, dont 20 milliards pour baisser les impôts de production payés par les entreprises, malgré les protestations des collectivités qui en sont les principales bénéficiaires.

Le reste de l'enveloppe soutiendra les fonds propres des entreprises que la crise a mis à mal, ou encore subventionnera la relocalisation d'activités et l'innovation dans des secteurs d'avenir, comme l'intelligence artificielle ou le calcul quantique.

Une dette résorbée à partir de 2025

Face à cette débauche de moyens pour les entreprises, le gouvernement veut montrer qu'il n'a pas oublié les ménages modestes et tous ceux menacés de perdre ou de ne pas trouver d'emploi. L'enjeu est de créer un climat de confiance, dit-on à Matignon.

Ainsi, 35 milliards d'euros sont dédiés à la cohésion sociale et territoriale, incluant notamment 15 milliards de mesures en faveur de l'emploi, dont 6,7 milliards déjà annoncés cet été pour les jeunes ou encore 6,6 milliards pour le dispositif d'activité partielle de longue durée.

A cela s'ajoutent les 6 milliards d'euros d'investissement dans l'hôpital, ou encore la revalorisation de l'allocation de rentrée scolaire et les aides aux collectivités.

Sur l'ensemble du plan, 80 milliards pèseront directement sur le budget de l'Etat et viendront alourdir à court terme la dette publique, attendue déjà à près de 121% du PIB cette année.

L’impact du plan "France relance" sur la dette publique sera "presque entièrement résorbé à partir de 2025", a assuré jeudi le Premier ministre Jean Castex, alors que la crise provoquée par l'épidémie de Covid-19 va faire bondir la dette publique à près de 121% du PIB cette année.