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Rédaction

Santé / Et si les pharmacies ouvraient le dimanche ?

25 avril 2017 à 09h42 Par Rédaction

Après les commerces, ce sont les pharmacies qui pourraient prochainement ouvrir lors du repos dominical. Une demande a été faite par plusieurs officines, contre l'avis des principaux syndicats. Décryptage :

« Je n’ai pas fait pharmacie pour vendre des shampoings ». Le 26 janvier dernier, les syndicats appelaient les officines à faire grève pour protester contre la baisse des prix de certains médicaments. Aujourd’hui, le combat est tout autre pour la plupart des grosses structures : pouvoir poursuivre leur activité le dimanche.

En effet, depuis deux ans, des arrêtés préfectoraux ou des décisions d’ARS (Agences Régionales de Santé) obligent certaines à fermer le dimanche au nom de la bonne organisation des gardes. Ce qui n’est pas du goût d’un pharmacien de Seine-et-Marne qui a créé avec douze autres officines (dont une au Mans et une à Angers) l’Union des pharmacies 24h/24. Leur objectif commun est d’obtenir l’autorisation d’ouvrir le dimanche.

Une solution pour satisfaire tout le monde

Pour justifier cette proposition, les officines concernées affirment que la population ne comprend pas pourquoi les structures sont fermées lorsque l’offre est la plus faible, alors que dans le même temps, les centres commerciaux sont ouverts. D’autres crient au scandale en rappelant que le nombre de patients adressés en urgence par les médecins de garde et les hôpitaux est plus important un jour de weekend qu’un jour de semaine.

Pour faire pencher la balance en leur faveur, ils proposent d’offrir un service complémentaire à celles des pharmacies de garde, tout en pratiquant les mêmes honoraires que les autres jours de la semaine.

Une proposition qui a déclenché la colère de ses principaux détracteurs, à commencer par l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO). Ces derniers estiment que certaines des pharmacies concernées fassent ce choix, non pas pour aider les clients à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, mais plutôt pour sélectionner les créneaux les plus rentables, notamment le dimanche matin, jour de marché.

 

Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait le cacheton

Par le passé, les syndicats avaient demandé aux préfets de réserver aux pharmacies de garde l’ouverture dominicale. A l’époque, ils ont constaté des abus dans plusieurs départements.

Interrogé par nos confrères de Challenges, Gilles Bonnefond, le président de l’USPO, affirmait que « certaines pharmacies ouvraient une partie du dimanche pour des raisons commerciales sans assurer la garde de nuit. D’autres ne décidaient d’ouvrir que certains dimanches, quand cela les arrangeait ». Pas facile dans ces conditions de s’y retrouver lorsque l’on est client. Les autorités ont désormais toutes les cartes en main pour trancher.