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Rédaction

Santé / le dernier cadeau empoisonné de Marisol Touraine

09 mai 2017 à 09h49 Par Rédaction

Marisol Touraine a annoncé l'augmentation de la prime de nuit des infirmiers et des aides soignants. Problème : la hausse est faible et ne concerne pas tous les professionnels. Décryptage.

En mars dernier, une dizaine d’organisations syndicales des infirmiers avait appelé à la grève, dans les centres hospitaliers de Tours, d’Orléans, d’Angers ou encore d’Auxerre pour dénoncer la dégradation des conditions de travail, qui met en péril la prise en charge des patients. Certaines réclamaient également une revalorisation des salaires ou encore des primes. Marisol Touraine a tendu une oreille et les a partiellement entendus. En guise de dernier cadeau d’adieu, la ministre de la Santé a augmenté le 1er mai dernier, la prime de nuit des infirmiers et des aides soignants. Une première depuis seize ans. Mais tout le monde n’est pas logé à la même enseigne.

Augmentation jugée dérisoire

A y regarder de plus près, cette mesure ne devrait pas apaiser les tensions qui persistent dans les services. Bien au contraire. Alors que l’arrêté n’a toujours pas été publié, le ministère de la Santé a indiqué à l’Agence de presse médicale que cette prime pour travail intensif allait passer à 1,50€ de l’heure, soit une augmentation de 15 à 19 centimes. Cela représente une augmentation mensuelle de 43€ sur une période de dix mois.

La nouvelle a mis en colère la coordination nationale infirmière (CNI). Pour sa présidente, Nathalie Depoire, elle sonne comme une provocation voire un « foutage de gueule » de la part de la ministre. Selon elle, le ministère vient de « frapper un grand coup de massue, au sens propre du terme… sur la tête des soignants ».

3% des soignants concernés

L’augmentation de la prime de nuit ne devrait concerner que 23 100 agents, soit environ 3% des soignants en France. Mais là où le bât blesse, c’est qu’elle sera accordée uniquement aux personnels travaillant aux services des urgences ou des soins critiques ET qui alternent des horaires de jour et de nuit. Autrement dit, « presque rien pour les uns et rien du tout pour les autres » selon Nathalie Depoire.

L’autre polémique concerne le reste de la stratégie annoncé par le ministère : un plan de 30 millions d’€ sur 3 ans alloués à la création ou le renforcement des services de santé au travail pluridisciplinaires (médecins, infirmières, psychologues, assistants sociaux, conseillers en prévention des risques professionnels). Selon les calculs réalisés par la CNI, cela représente 10 000€ en moyenne par établissement et par un an, autrement dit, quasiment rien. La coordination rappelle dans le même temps qu’un effort de 3,5 milliards d’euros d’économie est demandé aux professionnels de santé entre 2015 et 2017.