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Info locale

Sens : témoignage d’une soignante au cœur de la bataille contre le COVID

09 avril 2021 à 06h00 Par Alicia Méchin
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Crédit photo : Rédaction / Alicia Méchin

Depuis plus d’un an maintenant, les personnels soignants mènent une bataille contre le COVID. Exemple à Sens (Yonne), où Mylène, infirmière anesthésiste en bloc opératoire, nous livre son témoignage.

Chacun, à notre échelle, a du mal à voir le bout du tunnel. Les soignants, eux, ont vu leur quotidien totalement chamboulé par cette pandémie, et depuis un an, ils subissent les effets de cette crise. Rythme soutenu, réorganisation perpétuelle, et fatigue… leur état mental est mis à rude épreuve. Jusqu’à quand ?

Mylène, infirmière anesthésiste en bloc opératoire à l’hôpital de Sens, a vu récemment, et pour la troisième fois, sa salle de réveil transformée en réanimation pour créer des lits supplémentaires. C’est un sentiment de ras-le-bol qui domine. « On a l’impression qu’on ne va pas s’en sortir », nous explique-t-elle :

 

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Et pourtant, Mylène l’avoue, l’hôpital de Sens n’est pas le plus en souffrance, car il a encore de la place pour accueillir des malades. Mais ce n’est pas le cas de tous les établissements hospitaliers.

Pour certains soignants, la situation a été compliquée à gérer psychologiquement pendant la première vague. « J’avais entendu par des collègues sur la région parisienne que dès la première vague, de toutes façons, un tri avait été fait. Un tri volontaire ou non » :

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Les places en réanimation sont chères

 

Depuis quelques jours, la France vit sous le rythme de nouvelles restrictions gouvernementales : couvre-feu généralisé à 19h, fermeture des commerces non essentiels, périmètre de circulation de 10 km autorisé, et interdiction de quitter sa région… Des mesures qui visent à freiner la propagation du coronavirus.

Même si elle avoue qu’il est peut-être difficile pour le gouvernement de prendre les bonnes mesures, Mylène regrette un confinement à la légère. « Les places en réanimation se font rares, explique-t-elle. Il ne fait pas bon de faire un infarctus du myocarde, d’avoir un gros accident de voiture ou de faire un AVC » :

 

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Il faudra néanmoins attendre quelques jours, voire semaines, avant de savoir si les nouvelles mesures de confinement sont efficaces pour soulager les hôpitaux.

En attendant, en Bourgogne-Franche-Comté, l’ Agence Régionale de Santé a demandé aux établissements hospitaliers ce mercredi 7 avril, de déprogrammer un peu plus les opérations non-urgentes, afin d’augmenter les capacités de prises en charge des patients COVID.

Des propos recueillis par Maud Tambellini.