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La Minute Eco : la fin du cinéma tel que nous le connaissons ?

06 août 2020 à 06h45

On sait maintenant qu’il y aura un avant, et un après coronavirus.

Oui, je sais, je ne vous en avais pas parlé depuis longtemps, mais j’ai une bonne raison pour le faire : les studios Disney viennent, en effet, d’annoncer que le film Mulan, prévu pour sortir au cinéma le 27 mars dernier, sortirait finalement à la rentrée exclusivement sur son service de vidéo à la demande, Disney+.

Mais attention ! Mulan ne sera pas offert aux abonnés au service : il faudra qu’ils payent près de 30 euros pour pouvoir le voir !

C’est justement pour ça que je vous ai dit en préambule : il y aura un avant, et un après coronavirus.  

Disney assume l’idée de ne pas confier le destin d’un de ses blockbusters a des dizaines de milliers de salles de cinéma dans le monde... mais aussi, de ne pas partager les recettes avec elles. Quand on sait que Toy Story 4, un des plus grands succès du studio, a rapporté 1,6 milliard de dollars, mais que ces gains ont forcément été partagés avec les salles obscures, on comprend mieux le calcul.

Si seulement 10 millions d’abonnés à Disney+ achètent Mulan en vidéo à la demande, 250 millions d’euros rentreront directement dans les coffres d’oncle Piscou. Et ça, c’est déjà plus que ce que gagne Disney en temps normal avec un film qui marche au cinéma. 

Quand on sait qu’un Disney qui marche attire plutôt 30, 40, 50 millions de spectateurs au cinéma, on comprend mieux le pari de Mickey et ses amis. D’autant plus facilement que Disney+ compte déjà 60 millions d’abonnés dans le monde !

Autrement dit, Mulan, en exclusivité sur Disney +, Pinocchio, en exclusivité sur Amazon Prime Video, ou encore USS Greyhound – la bataille de l’Atlantique avec Tom Hanks en exclusivité sur Apple TV+… tous sonnent peut-être le glas du cinéma tel que nous le connaissons.