Additifs, colorants… la logique d’informer plutôt qu’interdire

Publié : 11h51 par Alicia Méchin

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De nouvelles études confirment que l’alimentation ultratransformée a des effets délétères sur la santé.

Trois études de l’Inserm publiées ce jeudi 21 mai confirment les effets délétères de l’alimentation ultra transformée. Ces études ont été réalisés sur la consommation de certains additifs, des colorants alimentaires, des conservateurs et antioxydants. Et selon les résultats, des associations entre colorants alimentaires et risque accru de diabète, ou conservateurs et risque d’hypertension et de maladies cardiovasculaires ont été relevées.

Ces études viennent quelque part confirmer ce que l’on savait déjà, puisque de nombreuses années déjà, des associations de défense des consommateurs dénoncent la mise sur le marché de produits mauvais pour la santé. Pour l’ONG Foodwatch, ces études doivent servir « d’électrochoc ». En France, une proposition de loi, soutenue par huit groupes politiques sur les onze que compte l’Assemblée nationale, appelle à rendre obligatoire le nutriscore.

Mais on aurait tendance à penser que la solution est peut-être tout simplement d’interdire les colorants, additifs et autres substances problématiques. Mais le système européen repose sur une logique très particulière : informer plutôt qu’interdire.

Car interdire, c’est uniquement lorsqu’un additif a été scientifiquement prouvé dangereux aux doses autorisées. Or, les autorités évaluent les substances une par une : un colorant, un conservateur, un émulsifiant. Les recherches les plus récentes sur les aliments ultra-transformés s’intéressent plutôt à l’effet du produit final : les combinaisons d’additifs, les procédés industriels, la consommation quotidienne.

Concrètement, un additif alimentaire n’est pas autorisé parce qu’on a démontré qu’il est “bon” pour la santé. Il est autorisé parce que les autorités sanitaires européennes considèrent que les preuves disponibles ne montrent pas de risque inacceptable aux doses prévues. Une fois validé, il peut être utilisé dans toute l’Union européenne — à condition d’être mentionné sur l’étiquette.

Autrement dit, le droit européen est très efficace pour contrôler des molécules isolées. Mais il est beaucoup moins armé pour penser l’effet global des aliments ultra-transformés.

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