Etudiants au pouvoir en Serbie : pourraient-ils faire la même chose en France ?

Publié : 6h00 par La rédaction

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La victoire électorale du mouvement étudiant serbe relance une question : un collectif né dans la rue peut-il se transformer en force politique ?

En Serbie, après des mois de mobilisation contre la corruption, le mouvement des étudiants a remporté les élections législatives anticipées du 25 octobre 2026, mettant fin à quatorze ans de domination politique du camp d’Aleksandar Vučić. Cette contestation était née après l’effondrement d’un auvent de la gare de Novi Sad, en novembre 2024, qui avait fait 16 morts.

Cette victoire soulève une question : un mouvement étudiant pourrait-il, lui aussi, accéder au Parlement en France ?

Juridiquement, rien n’empêche un mouvement étudiant français de présenter des candidats aux élections législatives. Il n’est pas nécessaire de créer un parti politique pour participer à la vie électorale.

Mais une différence majeure distingue les deux pays : leur mode de scrutin.

En Serbie, les électeurs votent pour des listes à l’échelle nationale. Les sièges au Parlement sont ensuite répartis proportionnellement aux voix obtenues par chaque liste. Le mouvement étudiant peut donc présenter une liste unique pour l’ensemble du pays et obtenir des députés en fonction de son résultat national.

En France, le système fonctionne autrement. Les 577 députés sont élus individuellement dans autant de circonscriptions, au scrutin majoritaire à deux tours. Il n’existe pas de liste nationale permettant à un mouvement d’obtenir automatiquement une proportion de sièges en fonction de son score dans tout le pays.

Un collectif étudiant pourrait néanmoins soutenir des candidats dans de nombreuses circonscriptions, sous une bannière commune. Chaque candidat devrait alors mener sa propre campagne et remporter son élection.

 

De la mobilisation à l’Assemblée nationale

Pour gouverner, un mouvement étudiant français devrait ensuite obtenir suffisamment de sièges pour disposer d’une majorité à l’Assemblée nationale. Une victoire dans quelques circonscriptions ne suffirait donc pas nécessairement à lui permettre de former un gouvernement.

L’exemple serbe montre qu’un mouvement étudiant peut devenir une force électorale. En France aussi, cette possibilité existe juridiquement, mais l’accès au Parlement dépendrait des résultats obtenus circonscription par circonscription.