Parcoursup : pourquoi comparer les systèmes d’admission européens est plus compliqué qu’il n’y paraît

Publié : 6h00 par La rédaction

Crédit image: Visuel Parcoursup

Alors que le gouvernement prévoit de remplacer Parcoursup en 2028, l’ancien ministre Jean-Michel Blanquer défend la plateforme et met ses détracteurs au défi de trouver un système plus performant à l’étranger.

Les critiques contre Parcoursup se multiplient. Des lycéens dénoncent notamment le manque de transparence dans l’attribution des formations et réclament la suppression de la plateforme. Le gouvernement a annoncé son remplacement à l’horizon 2028. Jean-Michel Blanquer, ancien ministre de l’Éducation nationale à l’origine de sa mise en place, défend pourtant son bilan. Il demande à ceux qui critiquent le dispositif de citer un pays qui ferait mieux.

Mais peut-on réellement comparer les systèmes d’admission européens ?

 

Des règles d’accès très différentes

Dans son rapport Regards sur l’éducation 2025, publié en septembre dernier, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a étudié les modalités d’admission dans l’enseignement supérieur de 36 pays et territoires. Son analyse met en évidence une difficulté : des pays peuvent afficher des résultats comparables tout en appliquant des règles très différentes.

En France, l’accès à l’enseignement supérieur est globalement ouvert, même si certaines formations, comme les classes préparatoires ou les filières sélectives, examinent les candidatures. Les capacités d’accueil sont également limitées dans certaines formations.

En Slovaquie, le système est lui aussi considéré comme ouvert. Mais, selon les catégories étudiées par l’OCDE, le nombre de places n’y est pas plafonné par formation ou établissement. En Tchéquie, à l’inverse, l’admission est sélective et des limites de places s’appliquent dans certaines formations ou certains établissements. Autrement dit, les candidats ne se présentent pas partout devant les mêmes règles, ni devant les mêmes contraintes en matière de places disponibles.

 

Un chiffre qui ne suffit pas à départager les systèmes

L’OCDE relève pourtant un point commun : en France, en Slovaquie et en Tchéquie, plus de 75 % des candidats ayant reçu une proposition d’admission commencent effectivement leurs études. Ce chiffre ne signifie pas que plus de 75 % de tous les candidats sont admis, ni qu’ils obtiennent leur premier choix. Il mesure la proportion de candidats ayant reçu une proposition qui poursuivent effectivement leurs études.

Cette distinction est essentielle. Un taux d’inscription élevé après une proposition d’admission ne permet pas, à lui seul, de déterminer si un système est plus transparent, plus équitable ou plus efficace qu’un autre.

Pour évaluer Parcoursup face aux dispositifs étrangers, il faut donc aller au-delà de la plateforme et des pourcentages affichés. Les règles de sélection, le nombre de places disponibles et la possibilité d’obtenir la formation souhaitée sont autant de critères à prendre en compte.