Traité New START : la fin d’un garde-fou nucléaire entre Washington et Moscou

Publié : 9h33 par Alicia Méchin

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L’actualité internationale est de nouveau dominée par la question nucléaire, et la fin du traité "New Start".

L’actualité internationale est de nouveau dominée par la question nucléaire. La fin du traité New START, qui encadrait depuis plus d’une décennie les arsenaux stratégiques des États-Unis et de la Russie, marque un tournant majeur dans l’histoire du désarmement nucléaire depuis la fin de la Guerre froide.

Signé en 2010 par Barack Obama et Dmitri Medvedev, le traité New START constituait le dernier accord bilatéral de maîtrise des armements nucléaires encore en vigueur entre les deux principales puissances nucléaires mondiales. Il imposait des limites strictes : chaque pays ne pouvait déployer plus de 800 lanceurs et bombardiers lourds, ni plus de 1 550 ogives nucléaires stratégiques offensives. Au-delà de ces chiffres, le traité reposait sur un élément clé souvent méconnu du grand public : un mécanisme de vérification mutuelle particulièrement rigoureux.

Ce mécanisme permettait aux deux États de s’assurer concrètement du respect des engagements pris. Il prévoyait des inspections sur site, des échanges réguliers de données détaillées sur les arsenaux, ainsi que des notifications obligatoires concernant certains mouvements ou activités militaires sensibles. En d’autres termes, New START instaurait une transparence minimale, essentielle pour limiter la méfiance et prévenir les erreurs de calcul.

Avec l’expiration du traité, ces garde-fous disparaissent. Les plafonds numériques ne s’appliquent plus et, surtout, les outils de contrôle mutuel cessent d’exister. Les arsenaux nucléaires peuvent désormais évoluer sans obligation de déclaration ni possibilité d’inspection indépendante, augmentant le risque d’opacité stratégique et de course aux armements.

Pour autant, la fin de New START ne signifie pas une libéralisation totale de l’arme nucléaire. Son utilisation demeure strictement encadrée par le droit international, notamment la Charte des Nations unies et le droit international humanitaire. Les principes de nécessité, de proportionnalité et de protection des civils restent juridiquement contraignants.

En définitive, la fin du traité New START ne libère pas les armes nucléaires, mais elle efface un mécanisme discret et essentiel qui permettait de les surveiller et de contenir les tensions. Une disparition silencieuse, aux conséquences potentiellement lourdes pour la stabilité stratégique mondiale.

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