Progrès historique contre le cancer

Publié : 6h00 par Alicia Méchin

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Pour la première fois, 70 % des patients atteints d'un cancer survivent cinq ans après le diagnostic aux États-Unis.

Selon le rapport annuel de l’American Cancer Society (ACS), les États-Unis enregistrent pour la première fois un taux de survie relative à cinq ans de 70 % pour les personnes diagnostiquées entre 2015 et 2021, tous cancers confondus. Ce chiffre, qui marque un progrès historique, indique que sept patients sur dix vivent au moins cinq ans après leur diagnostic. Il ne signifie pas nécessairement qu’ils sont totalement guéris, mais constitue un indicateur clé des avancées thérapeutiques et de la prise en charge des malades.

Les progrès sont particulièrement significatifs pour certains cancers historiquement plus meurtriers. Depuis le milieu des années 1990, le taux de survie à cinq ans est passé de 32 % à 62 % pour le myélome, de 7 % à 22 % pour le cancer du foie et de 15 % à 28 % pour le cancer du poumon. « Aujourd’hui, sept personnes sur dix survivent à leur cancer pendant cinq ans ou plus, contre seulement la moitié au milieu des années 1970 », souligne Rebecca Siegel, directrice scientifique principale de la recherche en surveillance à l’ACS et auteure du rapport.

Ces avancées s’expliquent par une combinaison de dépistages précoces, de traitements plus efficaces – chirurgie, chimiothérapie, immunothérapie et thérapies ciblées – et d’une meilleure prise en charge globale des patients.

Pour l’année 2026, les États-Unis prévoient environ 2,1 millions de nouveaux cas de cancer et plus de 626 000 décès. Malgré la baisse continue du taux de mortalité depuis son pic de 1991 – qui a permis d’éviter 4,8 millions de décès –, certains cancers fréquents comme ceux du sein, de la prostate, du foie chez la femme, le mélanome, de la cavité buccale, du pancréas ou de l’endomètre voient leur incidence augmenter.

Un espoir pour la France

En France, le taux de survie à cinq ans atteint aujourd’hui 65 %, mais les experts de l’Institut Gustave-Roussy estiment qu’il pourrait monter à 80 % d’ici 2040, grâce à la prévention, au dépistage et aux progrès thérapeutiques. Les cancers du sein, de la prostate et de la peau restent les plus traitables, tandis que ceux du pancréas et du poumon posent encore des défis importants.

Ces chiffres témoignent d’un véritable progrès scientifique et soulignent l’importance des politiques de santé publique : prévention, dépistage régulier, accès rapide aux soins et innovations thérapeutiques sont essentiels pour poursuivre cette dynamique et sauver davantage de vies.