Trump, la FIFA et Balogun : une question de crédibilité

Publié : 6h37 par Alicia Méchin

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Selon plusieurs journalistes américains, Donald Trump aurait appelé le président de la FIFA, Gianni Infantino, afin d'obtenir l'annulation de la suspension de l'attaquant américain Folarin Balogun, expulsé lors du match face à la Bosnie-Herzégovine.

Peu après, la FIFA a effectivement décidé de lever cette suspension, permettant au joueur de disputer le huitième de finale face à la Belgique. Donald Trump s'est ensuite félicité de cette décision sur son réseau Truth Social, remerciant la FIFA d'avoir « réparé une grande injustice ». Si ces faits étaient confirmés, quelles conséquences cela pourrait-il avoir ?

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, le simple fait qu'un chef d'État téléphone au président d'une fédération sportive pour défendre les intérêts de son équipe nationale n'est pas, en soi, illégal. Il ne s'agit pas d'une infraction pénale. En l'absence de corruption, de menace ou d'échange de contreparties, un tel appel relève davantage de l'influence politique que du droit pénal.

Le véritable sujet se situe ailleurs : dans l'indépendance des instances sportives. Si la suspension de Folarin Balogun avait été levée uniquement sous l'effet d'une pression politique, la FIFA pourrait voir sa décision contestée par d'autres fédérations estimant que le règlement disciplinaire n'a pas été appliqué de manière impartiale. Selon les procédures prévues par les règlements sportifs, cette décision pourrait même être remise en cause par une instance compétente si elle était jugée contraire aux règles disciplinaires.

Au-delà d'un éventuel recours, c'est surtout la crédibilité de la FIFA qui serait en jeu. Les compétitions internationales reposent sur un principe fondamental : les décisions disciplinaires doivent être prises au regard du règlement, et non de l'influence politique ou diplomatique des États.

En définitive, le principal risque n'est donc pas juridique pour Donald Trump. Il est institutionnel pour la FIFA. Car si les acteurs du football en venaient à penser qu'un coup de téléphone d'un chef d'État peut peser davantage que les règles du jeu, c'est la confiance dans l'impartialité des compétitions qui serait durablement fragilisée.