Covid et rentrée scolaire : les conseils d’une pédiatre orléanaise

Une salle de classe.
Image d'illustration. Une salle de classe.
Crédit: Commons - Clio

1er septembre 2021 à 14h41 par Étienne Escuer

Alors que la rentrée scolaire sera une nouvelle fois marquée par le covid, une pédiatre orléanaise répond aux questions que vous vous posez.

Fabienne Kochert est pédiatre à la maison de santé Madeleine Brès, à Orléans. Également présidente de l’association française de pédiatrie ambulatoire, elle livre ses conseils en cette rentrée 2021 pour limiter les contaminations à l’école.

 

 

Vibration : Le variant Delta est-il plus virulent pour les enfants ?

 

Fabienne Kochert : « Le variant Delta change la donne mais nous n’avons pas d’alertes concernant une gravité ou une dangerosité potentielle pour les enfants eux-mêmes. »

 

 

Les écoles sont-elles des lieux de transmission du virus ?

 

« Les enfants ne sont pas à l’origine des épidémies. La plupart des cas dans les écoles, ce sont des cas isolés d’enfants qui ont ramené le virus après s’être contaminés à la maison et non pas qui l’ont attrapé dans l’établissement. Mais ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas du tout de contamination. Il y a par exemple des temps de cantine où les mesures barrières ne sont pas possibles. »

 

 

Quels sont les gestes essentiels à l’école pour limiter la transmission du virus ?

 

« Avec le variant Delta, il faut garder le port du masque, même si cela limite les interactions. Aérer les locaux, et là il y a des efforts à faire. Pour les locaux mal ventilés, il faut des purificateurs d’air. Ne pas oublier non plus une hygiène rigoureuse des mains. C’est important aussi d’éviter le brassage des enfants lors des récréations ou à la cantine, surtout dans les écoles primaires où les enfants ne sont pas vaccinés. »

 

 

Les écoles doivent-elles à tout prix rester ouvertes ?

 

« Les enfants ont vraiment besoin d’aller à l’école. Il ne faut plus jamais vivre ce que l’on a vécu lors du premier confinement. C’est d’autant plus important pour les plus jeunes. Mais il faut bien garder en tête que c’est aux adultes de protéger les enfants : les enseignants et les personnes qui interviennent dans les écoles doivent être vaccinés. Dans les collèges et lycées, les jeunes ont aussi souffert des demi-jauges, les enseignements sont moins bien ancrés. »

 

 

Est-il important de faire vacciner les 12-17 ans ?

 

« Il y a moins de risques chez eux de faire de formes graves de Covid mais le variant Delta a changé un peu la donne, il y a un petit peu plus d’adolescents atteints. L’intérêt pour eux, c’est abord de se protéger contre la maladie, mais aussi retrouver une vie normale. A la maison de santé Madeleine-Brès, on propose des consultations vaccinales un peu plus personnalisées pour répondre aux inquiétudes. On a pratiqué des sérologies prévaccinales pour ne faire qu’une seule injection à ceux qui avait déjà contracté la maladie. »

 

« Il y a eu un tout petit signal concernant des pathologies inflammatoires du cœur, un peu plus fréquentes chez les garçons après la deuxième dose s’il y avait déjà un antécédent covid. Mais le risque de myocardites est plus important avec la maladie qu’avec un vaccin. Le rapport bénéfices/risques reste favorable pour la vaccination chez les adolescents. Pour les parents qui auraient des questions, l’important est d’avoir un dialogue avec un médecin qui pourra donner des informations de qualité. Mais la principale peur des adolescents, c’est surtout la piqûre ! »

I