Dôme d’Or : pourquoi le Groenland fascine tant Donald Trump

Publié : 29 janvier 2026 à 10h07 par Alicia Méchin

Crédit image: Pixabay

Depuis plusieurs mois, Donald Trump multiplie les déclarations intrigantes sur le Groenland. Et a évoqué récemment son projet de "dôme d'or".

Dernière en date : l’annonce de possibles accords à venir autour de l’île autonome danoise, présentée comme un territoire clé pour un projet stratégique majeur baptisé le « Dôme d’Or ». Inspiré du Dôme de fer israélien, ce bouclier antimissile nouvelle génération viserait à renforcer la capacité de défense américaine face aux menaces balistiques.

Si le lieu exact d’implantation de ce dispositif n’a pas été officiellement précisé, Donald Trump affirme que le Groenland est « vital » à sa mise en œuvre. Une déclaration qui relance les interrogations sur l’intérêt réel des États-Unis pour ce territoire immense, glacé et peu peuplé, mais loin d’être insignifiant sur le plan géopolitique.

Le choix du Groenland n’a rien d’anodin. Sa position géographique, entre l’Amérique du Nord et l’Europe, le place directement sur les trajectoires potentielles de missiles intercontinentaux reliant les grandes puissances. Cette situation en fait un point d’observation privilégié pour la détection, la surveillance et l’anticipation des menaces stratégiques.

À cela s’ajoute l’isolement du territoire. Avec une population extrêmement réduite et des zones quasi inhabitées, le Groenland offre un environnement idéal pour tester des technologies militaires sensibles sans exposer de populations civiles à des risques majeurs. Un atout considérable pour des expérimentations de grande ampleur, souvent impossibles à mener ailleurs.

Les conditions climatiques extrêmes constituent un autre avantage stratégique. Le froid intense, les tempêtes fréquentes et la glace permanente permettent de soumettre les systèmes militaires à des situations limites. Tester des dispositifs dans de telles conditions permet d’identifier leurs failles potentielles et de les rendre opérationnels dans les contextes les plus difficiles, là où ils pourraient échouer dans des environnements plus cléments.

En réalité, le Groenland apparaît moins comme un simple bouclier défensif que comme un vaste laboratoire à ciel ouvert. Mais pour concrétiser ce projet, les États-Unis doivent obtenir l’accord du Danemark, dont dépend toujours l’île sur le plan diplomatique. Car le « Dôme d’Or » ne vise pas seulement à protéger. Il sert avant tout à tester, observer et prendre une longueur d’avance technologique dans un contexte de rivalités militaires accrues.

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