Éducation à l’alimentation à l’école : les députés favorables

Publié : 9h22 par Alicia Méchin

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Le gouvernement entend faire de l’école un levier central pour améliorer les habitudes alimentaires des plus jeunes.

Objectif affiché : lutter contre le surpoids et l’obésité en apprenant aux enfants à mieux se nourrir dès le plus jeune âge. Une proposition de loi, adoptée hier en première lecture à l’Assemblée nationale, prévoit ainsi l’instauration, sur la base du volontariat, d’au moins trois séances annuelles d’éducation à l’alimentation, de la petite section de maternelle jusqu’au CM2. Le texte doit désormais être examiné par le Sénat.

Sur le papier, la mesure paraît simple : transmettre des connaissances nutritionnelles, sensibiliser aux bienfaits d’une alimentation équilibrée, expliquer l’importance des fruits et légumes ou les risques liés à une consommation excessive de produits sucrés et transformés. 

Enseigner à bien manger à l’école suffit-il réellement à changer les comportements ?

En réalité, l’introduction d’un enseignement dédié à l’alimentation dépasse le seul cadre pédagogique. Il s’agit d’un véritable outil de prévention en santé publique. En intégrant ces notions dans les programmes scolaires, l’État ne se contente pas d’informer : il définit implicitement ce qui constitue un comportement alimentaire souhaitable. Ce faisant, il pose les bases d’une norme sociale qui peut produire des effets bien au-delà de la salle de classe.

Car une fois que certains principes nutritionnels deviennent des savoirs officiels enseignés à tous, ils tendent à s’imposer comme référence collective. Les cantines scolaires, par exemple, pourraient être incitées à adapter leurs menus pour rester cohérentes avec les messages délivrés en classe. Les collectivités locales, les industriels de l’agroalimentaire et même les familles peuvent se retrouver, indirectement, confrontés à cette nouvelle norme.

L’enjeu est donc double : améliorer la santé des enfants tout en façonnant, à plus long terme, les pratiques alimentaires de l’ensemble de la société. En inscrivant l’éducation à l’alimentation dans le parcours scolaire, l’État ne se contente pas de transmettre des connaissances. Il contribue à redéfinir ce qu’il est “normal” de manger, influençant progressivement les choix quotidiens, de la cantine aux tables familiales.

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