Fin de vie : pourquoi la loi semble avancer si lentement

Publié : 26 janvier 2026 à 10h14 par Alicia Méchin

Crédit image: Pixabay

Le projet de loi sur la fin de vie continue de susciter interrogations et impatience. Annoncé comme un texte majeur du quinquennat, il n’est pourtant toujours pas définitivement adopté.

Depuis la semaine dernière, les sénateurs examinent plusieurs propositions de loi sur le sujet. Un premier point de crispation est apparu rapidement : le Sénat a rejeté toute forme de droit à l’aide à mourir. Ce lundi, les débats se concentrent désormais sur un volet jugé plus consensuel, celui de l’accès aux soins palliatifs.

Pourquoi est-ce aussi long ?

En France, le processus législatif repose sur un principe fondamental : pour être adoptée, une loi doit être votée dans les mêmes termes par les deux chambres du Parlement, l’Assemblée nationale et le Sénat. Lorsqu’un texte est modifié par l’une des chambres, il repart dans l’autre. C’est ce va-et-vient que l’on appelle la navette parlementaire. Elle peut donner l’impression d’un enlisement ou d’une loi qui n’avance pas, alors qu’en réalité, chaque étape est essentielle.

Ce mécanisme vise à améliorer le texte, à corriger ses failles juridiques et à garantir qu’il pourra être appliqué sans ambiguïté. Dans le cas de la fin de vie, cette exigence devient encore plus cruciale. Chaque mot est scruté, pesé, débattu. Il ne s’agit pas uniquement de reconnaître des droits aux patients, mais aussi de protéger les médecins, de respecter les règles déontologiques et d’éviter toute insécurité juridique.

Une formulation imprécise pourrait exposer les soignants à des risques pénaux ou créer des situations médicales impossibles à trancher. C’est pourquoi la navette parlementaire ne se résume pas à un simple délai administratif. Elle agit comme un garde-fou invisible, transformant une intention politique en une loi solide, encadrée et légitime.

Sur un sujet aussi sensible que la fin de vie, la lenteur n’est donc pas synonyme d’inaction. Elle est le prix à payer pour une loi qui protège à la fois ceux qui la subissent et ceux qui doivent l’appliquer. Parce qu’ici, plus qu’ailleurs, chaque mot peut avoir des conséquences irréversibles.

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