Jeune garde : à quoi sert la dissolution d’une organisation ?

Publié : 10h26 par Alicia Méchin

Après la mort du militant nationaliste Quentin Deranque, sept personnes ont été mises en examen. Parmi elles figure un militant de la Jeune Garde, une structure se présentant comme une organisation antifasciste d’autodéfense.

Cette organisation a été dissoute par le gouvernement en juin 2025, accusée de violences. Pourtant, certains de ses membres restent actifs. D’où l’interrogation : la dissolution est-elle réellement efficace ?

En réalité, dissoudre une association ne vise pas à faire disparaître des individus. Il ne s’agit pas d’une interdiction de penser ni d’une condamnation collective automatique de ses membres. Une dissolution administrative cible une structure juridique. Une association reconnue dispose d’un nom officiel, d’un statut déclaré, d’une capacité d’organisation et d’une visibilité publique. En la dissolvant, l’État affirme que cette organisation ne relève plus du cadre républicain.

C’est avant tout un signal institutionnel et politique fort. La dissolution marque un désaveu officiel. Elle retire à la structure toute existence légale. Concrètement, cela signifie : plus de compte bancaire au nom de l’association, plus de local officiel, plus de possibilité d’organiser des événements déclarés en tant qu’entité reconnue, plus de financements transparents ou subventions éventuelles.

Sans cadre légal, la structuration devient plus complexe. Les actions collectives sont plus difficiles à organiser, la logistique plus fragile, les responsabilités plus exposées. Les membres peuvent continuer à se réunir ou à communiquer, mais ils le font sans la protection et la légitimité qu’offre une existence juridique reconnue.

La dissolution a aussi un effet symbolique. Pour de nombreux citoyens, une association dissoute perd immédiatement une part de crédibilité et de confiance. Elle est associée à une décision grave de l’État, ce qui peut freiner soutiens et sympathies.

En somme, dissoudre une association efface son existence légale et institutionnelle. Cela ne supprime pas les individus ni leurs convictions, mais cela fragilise leur organisation et encadre plus strictement leurs actions.

Réécoutez la chronique :