La sieste idéale se compte en minutes, pas plus
Publié : 6h00 par Alicia Méchin
Et si quelques minutes de sommeil suffisaient à remettre notre cerveau en ordre de marche ? La sieste peut améliorer la vigilance, la concentration et la mémoire.
Après le déjeuner, le fameux « coup de barre » est bien réel. Notre vigilance diminue naturellement au début de l’après-midi, et une courte sieste peut aider à retrouver de l’attention. Des travaux menés dès la fin des années 1990 par des chercheurs japonais, Mitsuo Hayashi et de son équipe, ont démontré qu'une sieste de 20 minutes en début d'après-midi réduit efficacement la somnolence, améliore l'humeur et stimule la vigilance sans provoquer de fatigue au réveil.
D’autres recherches ont également observé des effets positifs sur certaines performances cognitives. Dans une étude menée auprès de jeunes adultes habitués à faire la sieste, l’absence de sieste à la mi-journée entraînait notamment davantage de somnolence et une moins bonne performance à plusieurs tâches d’attention et de mémoire de travail.
Mais une étude publiée en 2026 dans la revue scientifique NeuroImage apporte un éclairage particulièrement intéressant. Vingt jeunes adultes en bonne santé ont été observés lors de deux après-midis : l’un avec une sieste d’environ 45 minutes, l’autre sans dormir. Les chercheurs ont utilisé notamment la stimulation magnétique transcrânienne et l’électroencéphalographie pour observer indirectement les modifications de l’activité synaptique.
Le résultat : après la sieste, la force globale des connexions synaptiques diminuait, tandis que la capacité du cerveau à former de nouvelles connexions augmentait. En clair, le sommeil pourrait permettre au cerveau de réduire une partie de l’activité accumulée pendant la période d’éveil et de retrouver davantage de « marge » pour apprendre de nouvelles informations.
Faut-il donc abandonner la traditionnelle sieste de 20 minutes pour dormir 45 minutes ? Pas forcément. Les études ne permettent pas de définir une durée universelle idéale. Une sieste courte peut être intéressante pour retrouver rapidement de la vigilance, tandis que des siestes plus longues peuvent produire des effets plus durables, mais avec davantage de risques d’inertie au réveil.
Et surtout, l’étude sur les 45 minutes ne portait que sur 20 participants. Elle ouvre donc une piste intéressante sur le fonctionnement du cerveau, mais ne permet pas encore d’affirmer que 45 minutes constituent la sieste parfaite pour tout le monde.
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