Un vaccin pourrait réduire le risque de récidive du cancer de la peau
Publié : 6h00 par Alicia Méchin
Développé par Moderna et Merck, un vaccin à ARN messager conçu sur mesure pour chaque patient donne des résultats très encourageants contre le mélanome. Il pourrait réduire fortement le risque de voir le cancer réapparaître.
Et si les vaccins à ARN messager, rendus célèbres par la pandémie de Covid-19, permettaient désormais de lutter contre le cancer ? Des chercheurs travaillent sur cette piste depuis plusieurs années, avec des résultats particulièrement prometteurs contre le mélanome, l’une des formes les plus agressives de cancer de la peau.
Le principe est très différent de celui d’un vaccin classique. Il ne s’agit pas de vacciner une personne en bonne santé pour l’empêcher de développer un cancer. Ce traitement s’adresse à des patients qui ont déjà été traités pour un mélanome, avec l’objectif de réduire le risque de récidive.
Et surtout, le vaccin est personnalisé. Les médecins analysent la tumeur du patient et identifient les caractéristiques spécifiques des cellules cancéreuses. Ces informations permettent ensuite de concevoir un vaccin adapté à chaque personne. Celui-ci doit apprendre au système immunitaire à reconnaître les cellules cancéreuses et à les éliminer si elles réapparaissent.
Selon les premiers résultats des essais cliniques menés par Moderna et Merck, l’association de ce vaccin avec une immunothérapie permettrait de réduire significativement le risque de récidive par rapport à l’immunothérapie seule. Une avancée particulièrement intéressante, car même après l'ablation d’une tumeur, certaines cellules cancéreuses peuvent rester présentes dans l’organisme et provoquer une nouvelle apparition de la maladie.
La fabrication du vaccin est elle aussi particulière : il faut analyser la tumeur de chaque patient puis produire une formule adaptée. Le processus prendrait environ six semaines.
Mais il ne faut pas encore parler de traitement miracle. Ce vaccin reste expérimental et n’est pas disponible pour les patients dans le cadre des soins courants. Il doit encore franchir les différentes étapes réglementaires avant une éventuelle commercialisation.
À terme, cette technologie pourrait également être étudiée pour d’autres cancers. Car son principe est particulièrement intéressant : plutôt que de chercher un traitement identique pour tous, il s’agit de donner au système immunitaire les informations spécifiques à la tumeur de chaque patient pour mieux la combattre.
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