Le sang des alpagas pour faire avancer la recherche médicale
Publié : 6h00 par Alicia Méchin
Dans une ferme discrète des Yvelines, loin de l’agitation des laboratoires, quelques alpagas contribuent à faire avancer la recherche médicale.
Comme le soulignent nos confrères du Progrès, tous les deux ans, ces animaux donnent une très faible quantité de sang, dans des conditions strictement encadrées par des vétérinaires et des chercheurs. L’objectif n’est pas anodin : récolter des anticorps d’un genre unique, susceptibles de révolutionner certaines thérapies.
Les camélidés — alpagas, lamas, dromadaires — possèdent en effet une particularité biologique rare. En plus des anticorps classiques que l’on retrouve chez l’être humain, ils produisent des anticorps plus simples, beaucoup plus petits, absents chez l’homme. Réduits à leur partie active, ces anticorps deviennent des « nanobodies », des molécules minuscules mais redoutablement efficaces.
Cette découverte est née presque par hasard en 1989, à l’université de Bruxelles, lors d’une expérience improvisée à partir de sang de dromadaire. Accueillie avec scepticisme à ses débuts, elle révèle pourtant des anticorps ultra-spécifiques, capables de reconnaître leurs cibles avec une précision exceptionnelle. Longtemps ignorés, les nanobodies finissent par attirer l’attention de la communauté scientifique. Lors de la pandémie de Covid-19, des chercheurs ont même exploré leur potentiel pour neutraliser le virus.
Depuis une quinzaine d’années, ces molécules sont devenues des outils incontournables en recherche fondamentale, en imagerie médicale et surtout en thérapeutique. En neurologie, leur petite taille leur permet de franchir la barrière hématoencéphalique, ouvrant des pistes prometteuses contre des maladies comme Alzheimer ou la schizophrénie. En cancérologie, les nanobodies renforcent l’immunothérapie : ils ciblent plus précisément les cellules tumorales, tout en limitant les effets secondaires. Aujourd’hui, plus de vingt essais cliniques sont en cours dans la lutte contre le cancer.
Les applications ne relèvent plus seulement de la recherche. Quatre médicaments issus de ces travaux ont déjà été autorisés dans le monde, notamment contre des maladies sanguines rares, la polyarthrite rhumatoïde ou certains cancers résistants aux traitements classiques. Symbole de cet engouement, la start-up belge Ablynx, pionnière dans le domaine, a été rachetée par Sanofi pour 3,9 milliards d’euros. Une preuve supplémentaire que, parfois, les plus grandes avancées médicales peuvent naître… dans une ferme.
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