Les États-Unis peuvent-ils réduire leur présence militaire sans quitter l'OTAN ?

Publié : 6h23 par Alicia Méchin

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Les États-Unis ont annoncé le lancement d'un réexamen de leur présence militaire en Europe.

L'objectif affiché est de faire en sorte que les pays européens assument davantage « la responsabilité principale de leur défense conventionnelle ». Une déclaration qui soulève une question : Washington prépare-t-il un retrait de l'OTAN ? Pas forcément. En réalité, un mot change complètement la compréhension de cette annonce : « conventionnelle ».

La défense conventionnelle désigne les moyens militaires classiques : les soldats, les chars, l'artillerie, les avions de combat ou encore la protection du territoire. Les États-Unis expliquent qu'ils souhaitent que les Européens prennent davantage en charge ces capacités, sans pour autant renoncer à leur appartenance à l'Alliance atlantique.

Le mécanisme le plus méconnu est d'ailleurs juridique. Contrairement à une idée largement répandue, le traité de l'Atlantique Nord de 1949 n'oblige pas les États-Unis à maintenir des dizaines de milliers de soldats sur le sol européen. Aucune disposition ne fixe un nombre minimal de militaires ou de bases à conserver en Europe.

En revanche, le traité prévoit qu'en cas d'attaque contre un allié, les États membres doivent lui venir en aide, chacun en prenant les mesures qu'il juge nécessaires. C'est ce principe de solidarité qui constitue le cœur de l'OTAN, et non le maintien permanent de troupes américaines sur le continent.

Autrement dit, Washington peut parfaitement décider de réduire son dispositif militaire en Europe sans remettre en cause ses engagements au sein de l'Alliance. Les États-Unis resteraient membres de l'OTAN et continueraient à participer à la défense collective, tout en demandant aux armées européennes d'assumer une part plus importante des moyens militaires classiques.

L'annonce américaine ne signifie donc pas nécessairement un désengagement de l'OTAN. Elle traduit plutôt une évolution de la répartition des responsabilités entre alliés. Depuis plusieurs années, Washington estime que les Européens doivent investir davantage dans leur propre défense et être capables d'assurer eux-mêmes une plus grande partie de la sécurité du continent.

Le véritable changement n'est donc pas l'existence de l'Alliance atlantique, mais le rôle que les États-Unis souhaitent y jouer à l'avenir.