En Italie, des maisons à 1 euro pour repeupler les villages
Publié : 6h00 par Alicia Méchin
Acheter une maison en Italie pour le prix d’un café : l’idée semble incroyable, mais elle est devenue une réalité dans plusieurs communes du pays.
Depuis quelques années, des villages italiens mettent en vente des logements abandonnés pour seulement 1 euro afin d’attirer de nouveaux habitants et tenter d’enrayer un phénomène qui touche une grande partie du territoire : le dépeuplement. De la Sicile aux Cinque Terre, en passant par de nombreux villages ruraux, les municipalités cherchent des solutions face à un double problème : le départ des jeunes générations vers les grandes villes et le vieillissement accéléré de la population. Certaines projections estiment que l’Italie pourrait perdre près de 20 % de ses habitants d’ici 2070, avec des conséquences particulièrement fortes dans les petites communes.
L’objectif de ces ventes symboliques n’est pas seulement de céder des maisons vides. Les mairies veulent surtout faire revenir de la vie dans des centres historiques qui se désertifient : rouvrir des commerces, maintenir des écoles, préserver des bâtiments anciens et éviter que certains villages ne deviennent des lieux fantômes.
Mais derrière le prix spectaculaire de 1 euro se cache une réalité beaucoup moins simple. Les biens proposés sont généralement des maisons anciennes, parfois abandonnées depuis plusieurs décennies, qui nécessitent d’importants travaux de rénovation. Les acheteurs doivent souvent s’engager à restaurer le logement dans un délai précis et peuvent être amenés à déposer une garantie financière auprès de la commune.
Au final, le coût réel de l’opération peut atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros, selon l’état du bâtiment et l’ampleur des travaux nécessaires. À cela s’ajoutent les contraintes liées à la vie dans un village isolé : moins de services, moins de transports et parfois une adaptation nécessaire à un autre rythme de vie.
La maison à 1 euro n’est donc pas un simple bon plan immobilier. C’est un échange entre des communes qui cherchent à préserver leur avenir et des particuliers prêts à investir du temps, de l’argent et de l’énergie pour redonner vie à un patrimoine en danger.
Face à la crise démographique, ces villages italiens tentent une stratégie originale : transformer des maisons abandonnées en nouvelles opportunités, et faire de l’exode rural non plus une fatalité, mais un défi à relever.
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