Loiret : un animateur sanctionné peut-il continuer à travailler auprès d’enfants ?
Publié : 6h00 par Alicia Méchin
À Mardié, dans le Loiret, le recrutement d’un animateur fait polémique auprès de parents d’élèves. L’homme a déjà fait l’objet de deux mesures prononcées par la DRAJES, dont une sanction de 18 mois lui interdisant d’exercer comme animateur.
À Mardié, une réunion publique organisée par la mairie a réuni lundi dernier des parents d’élèves autour de plusieurs sujets concernant le périscolaire. Parmi eux : une plainte déposée contre un agent pour « atteinte sur mineur », mais aussi le recrutement d’un animateur dont le passé professionnel suscite des interrogations.
Selon les informations rapportées dans cette affaire, cet animateur a fait l’objet de deux mesures prononcées par la Délégation régionale académique à la jeunesse, à l’engagement et aux sports (DRAJES), pour des manquements à la sécurité. La première, d’une durée de cinq ans, concerne les fonctions de direction et est toujours en vigueur. La seconde lui interdisait d’exercer comme animateur pendant 18 mois. Cette dernière période est désormais arrivée à son terme.
C’est précisément cette durée limitée qui explique juridiquement pourquoi l’intéressé peut aujourd’hui être recruté comme animateur. Une sanction disciplinaire n’est pas, par principe, une interdiction définitive d’exercer. Elle sanctionne des manquements dans un cadre donné et pour une durée déterminée. Autrement dit, les 18 mois ne constituent pas simplement une période au terme de laquelle les faits seraient « oubliés ». Il s’agit de la durée de la sanction prononcée par l’administration pour les manquements retenus.
Une fois cette sanction exécutée, elle cesse de produire ses effets. Elle ne crée donc pas automatiquement une interdiction définitive de travailler auprès de mineurs. La situation est d’ailleurs différente pour les fonctions de direction : l’interdiction de cinq ans reste, elle, applicable. Intuitivement, on pourrait penser qu’une personne ayant déjà fait l’objet d’une sanction ne devrait plus travailler auprès d’enfants. Mais juridiquement, ce n’est pas ce que prévoit automatiquement la loi.
Cette affaire pose ainsi une question plus large, dans un contexte où les violences dans le périscolaire suscitent une attention croissante : jusqu’où doit aller la sanction lorsqu’elle concerne des professionnels travaillant auprès d’un public particulièrement vulnérable ? Pour l’heure, le principe reste celui d’une sanction encadrée dans le temps et dans son périmètre. Même auprès d’enfants, une sanction n’est donc pas nécessairement définitive : le droit laisse aussi une place à la possibilité de reprendre son activité une fois la sanction exécutée.
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