Manger mieux pour moins cher : une promesse qui ne concerne pas tous les produits
Publié : 10h18 par Alicia Méchin
Si certains aliments bénéficient effectivement de prix compétitifs, tous les produits ne sont pas concernés de la même manière par les stratégies commerciales des enseignes de distribution.
L’association Que Choisir Ensemble pointe du doigt la marge des supermarchés sur les fruits et légumes bio. Elle serait 81% plus élevée que celle sur les produits non bio du rayon. Dans un rapport, la commission d’enquête sénatoriale pointait également du doigt le fait que les enseignes appliquent des marges très faibles sur les produits ultra-transformés de grandes marques, et compensent sur les produits frais entre-autre.
Alors, pourquoi marge-t-on plus sur les produits frais comme les légumes que les produits ultra-transformés, qui pourtant se vendent plus ?
Pour les supermarchés, les marges réalisées sur les produits transformés sont souvent limitées, notamment parce que les consommateurs connaissent généralement leurs prix et les comparent facilement d’une enseigne à l’autre. Les applications de comparaison, les catalogues promotionnels et les discussions autour du coût de la vie renforcent cette transparence. Les distributeurs restent donc sous surveillance permanente et disposent d’une faible marge de manœuvre pour augmenter leurs prix.
La comparaison entre une tomate et un produit transformé met en évidence cette différence. Le prix d’une tomate varie selon de nombreux critères : la saison, l’origine géographique, le calibre ou encore les conditions de production. Ces variations rendent les comparaisons plus complexes et limitent la standardisation du marché. Les produits industriels, quant à eux, bénéficient souvent d’une fabrication à grande échelle qui réduit les coûts de production et facilite les opérations promotionnelles.
Ainsi, l’idée de « manger mieux pour moins cher » n’est pas universelle. Elle dépend largement des catégories de produits considérées et des stratégies commerciales mises en œuvre par les distributeurs. Pour les consommateurs, comprendre ces mécanismes permet de mieux interpréter les prix affichés et d’évaluer plus justement la valeur réelle des aliments qu’ils achètent.
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