Et si les urgences n’étaient plus libres d’accès ?

VIBRATION
Crédit: Illustration d'une opération chirurgicale / Pixabay

27 octobre 2017 à 4h53 par Benoit Hanrot

En 2012, un Français sur six n'avait pas accès aux urgences. Trois ans plus tard, un peu plus d'un million de personnes se trouvaient toujours à plus de 30 minutes d'un accès aux soins. Face à ce constat, des mesures concrètes ont été envisagées. Mais ailleurs, des voix s'élèvent pour mettre fin à l'accès libre aux urgences. Décryptage :

Au 31 décembre 2015, un peu plus d’un million de Français n’avaient pas accès aux soins à moins de 30 minutes. Pour rectifier le tir, l’ancien Ministère des Solidarités et de la Santé a pris une série d’engagements. Parmi ces mesures : augmenter le nombre de médecins volontaires formés à l’urgence et améliorer la complémentarité entre les moyens héliportés de la sécurité civile et les héliSMUR.

Une refonte de l’organisation de l’offre de soins en vue

Les députés examinent actuellement le projet de loi de financement de la Sécurité sociale. En marge de cet examen, la fédération des médecins de France ouvre la porte à une nouvelle mesure : réorganiser l’offre de soins pour mettre un terme à l’accès libre aux urgences. Interrogé par nos confrères d’Aujourd’hui en France, Jean-Paul Hamon, le président de la Fédération estime que sur les « 20 millions de passages en 2015 aux urgences hospitalières, 16 millions n’ont pas donné lieu à une hospitalisation ». Problème, cette prise en charge qui aurait pu être évitée, coûte près de trois milliards d’euros chaque année au service public.

Quelles solutions pour désengorger les urgences ?

Pour remédier à cela, Jean-Paul Hamon propose notamment de « filtrer l’entrée des urgences », en n’autorisant l’accès qu’aux patients qui ont consulté un médecin de ville en amont. Or, il n’est pas toujours évident de trouver un praticien disponible, y compris le service SOS médecin, loin d’être ouvert 24h/24. C’est pourquoi il propose d’augmenter la rémunération des gardes de nuit à hauteur de 500 euros minimum. Autre piste envisagée, pour inciter les patients à réfléchir à deux fois avant de se rendre aux urgences, doubler le prix des consultations non programmées.