L214 : combats et avancées depuis la création de l'association

VIBRATION
L'association -uvre pour la protection animale depuis 13 ans.
Crédit: L214

26 février 2021 à 4h00 par Lucie Claussin

Alors que l'association L214 se mobilise depuis une dizaine d'années pour la protection animale, une vidéo vient d'être dévoilée, montrant l'inaction des services de l'état dans un élevage déjà épinglé par l'association. Retour sur 10 ans de luttes, et encore plusieurs années au moins, de combats à mener.

L’association de défense animale L214, spécialisée dans la protection animale, a vu le jour en 2008, et est spécialisée dans la défense des animaux d’élevage, et de tous les animaux utilisés en production de viande, de lait et d’œuf. Cette association estime que les animaux ne devraient pas être utilisés comme des ressources.


Leur objectif est d’avoir un impact ici et maintenant, en menant des campagnes pour essayer d’éliminer les pires pratiques d’élevages, comme l’élevage intensif.


Vers une prise de conscience ?


Aujourd’hui 80% des animaux en France se trouvent dans des élevages intensifs, sans avoir accès à l’extérieur. Afin de sensibiliser les Français, l’association mène des enquêtes pour montrer les conditions réelles de vie des animaux dans les élevages, les transports ou les abattoirs. Actuellement, l’association se bat auprès de l’agro-alimentaire pour tenter d’obtenir des engagements afin de ne plus commercialiser d’œufs de poule en cage.


Depuis plusieurs années, l’association diffuse ainsi des vidéos sur les réseaux sociaux, montrant des images tournées dans des élevages français. Plusieurs lieux ont déjà été épinglés par l'association comme un abattoir de dindes dans le Cher à Blancafort en décembre dernier, un élevage de la marque Duc à Chailley, dans l’Yonne en novembre 2020, un élevage de faisans à Missé à côté de Thouars dans les Deux-Sèvres en septembre dernier, un centre de "vaches à hublots" en Sarthe en 2019, ou encore un abattoir à Limoges en 2016. 


Sébastien Arsac, co-fondateur de l’association L214, en charge des enquêtes au sein de l’association nous explique avoir vu les choses évoluer :  



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Il y a 10 ans, il y avait 80% des poules en France hébergées dans des cages sur un sol grillagé. Le pays vient de passer en dessous des 50%. Cependant, l’association déplore toujours la pratique de la castration à vif chez les porcelets, ou encore le logement des animaux notamment des truies. 


Au niveau de l’opinion publique, les sondages révèlent qu’environ 90 % des Français sont opposés au mode d’élevage intensif. Cependant, les consommateurs continuent à acheter de la viande et des produits issus d’animaux provenant de ces élevages, la faute au manque d’information et aux prix. En 10 ans, la consommation de produits d’origine animale a diminué de 12%, et la nourriture s’est de plus en plus végétalisée. La France serait un des pays où l’on consomme le plus de produits animaux au monde, et il y a urgence selon L214 à diminuer la consommation de ce type de produits. 


Le combat continue 


Malgré les progrès observés, plus d’un milliard d’animaux terrestres dont 800 millions de poulets sont abattus dans l’hexagone chaque année. Cette espèce est donc la première espèce victime de l’élevage intensif, et de gros changements sont encore à faire dans ce domaine au vu du mode d’élevage :


 


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Actuellement, les poulets sont tués très vite, et sont envoyés à l’abattoir au bout de 35 jours de vie. Concernant leur lieu de vie, la réglementation permet d’avoir 42kg de poulet par m2, c’est-à-dire environ 21 kilos par m2. Grâce à cette charte, on descendrait à 30kg par m2.


 






De gros chantiers à venir 


 


Un autre pan colossal mobilise aussi l’association : les poissons.  180 millions de truites sont tuées chaque année en France. Les scientifiques l’attestent : les poissons ressentent aussi le plaisir, la souffrance et de nombreuses autres émotions. Malheureusement aujourd’hui, il y a peu de réglementation dans ce secteur, malgré la pisciculture intensive qui se développe.





Quid des contrôles de l’état ?


Aujourd’hui, les contrôles de l’état se font via des contrôles vétérinaires. L’objectif actuel des contrôles sur la protection animale sont à 1%, c’est-à-dire qu’un élevage va être contrôlé une fois tous les 100 ans. Ce type de mesure ne servira pas à faire respecter la protection animale, selon L 214. De manière générale, notre pays est aussi souvent montré du doigt en matière de respect des règles :


 


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En France, la plupart des porcelets se voient couper leurs queues alors que cela est interdit. 


L214 maintient la pression 


Dans une vidéo dévoilée récemment, l’association est retournée dans un élevage de cochons « préférence », mis en avant par la marque Herta, et qui pourtant, enfreint de nombreuses règles, malgré l’alerte lancée par les bénévoles de l’association.


On y voit notamment des cochons dans un gros élevage intensif, ou les truies ne peuvent pas se mouvoir, donnent naissance à la chaîne à des porcelets qui seront mutilés et qui vivent en permanence dans des bâtiments fermés. Actuellement, selon L214, 95 % des élevages français sont identiques à ces images. 





Mobiliser les consommateurs


Sebastien Arsac souhaite que les consommateurs réagissent et s’emparent de leur pouvoir, pour faire évoluer l’agroalimentaire et les politiques. Ainsi, L 214 propose de fédérer les citoyens et appuyer sur des décisions pour « aller dans le bon sens ». Sur le site "politique-animaux", les citoyens peuvent connaître les politiques qui agissent pour les animaux, et ceux qui freinent l’évolution.