Nucléaire iranien : pourquoi les États-Unis tiennent la manette des négociations

Publié : 10h35 par Alicia Méchin

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Les Etats-Unis ont entamé des négociations avec l'Iran la semaine dernière.

Les tensions entre les États-Unis et l’Iran sur le nucléaire se sont intensifiées ces derniers jours. Washington menace d’utiliser la force si Téhéran ne se plie pas aux exigences américaines concernant son programme nucléaire. Le cœur du problème est simple : les États-Unis estiment que l’Iran possède déjà le potentiel industriel et technique pour produire rapidement une arme nucléaire.

Face à cette situation, une question revient souvent : pourquoi ce sont les États-Unis qui négocient directement, et non d’autres puissances internationales ? La réponse tient à un triple levier de pouvoir unique que ce pays détient.

Premièrement, le poids militaire. Les États-Unis, avec la Russie, possèdent le plus grand arsenal nucléaire mondial. Cette force de dissuasion leur donne une autorité considérable dans toute négociation portant sur l’arme nucléaire.

Deuxièmement, le levier économique. Washington joue un rôle central dans le système financier international et peut imposer des sanctions économiques à l’Iran, rendant toute entente plus difficile à contourner pour Téhéran. La pression financière reste un outil clé pour influencer les décisions politiques et industrielles iraniennes.

Troisièmement, le statut juridique. Les États-Unis sont une puissance nucléaire reconnue par le Traité de non-prolifération (TNP). Ce cadre international leur confère une légitimité particulière pour encadrer et vérifier les accords nucléaires avec d’autres États.

Les autres acteurs mondiaux — l’Europe, la Chine ou la Russie — jouent surtout un rôle de facilitateur ou de médiateur. Ils peuvent aider à rapprocher les positions et à maintenir le dialogue, mais aucun ne dispose de l’ensemble des moyens militaires, économiques et juridiques qui permettrait d’imposer réellement les termes d’un accord.

En pratique, cela signifie que les États-Unis fixent le calendrier et les limites des négociations. Sans leur implication directe, les discussions resteraient largement théoriques, dépourvues de contraintes concrètes sur Téhéran. La combinaison de leur arsenal nucléaire, de leur influence économique et de leur légitimité internationale fait d’eux le pivot central de tout accord ou pression sur le programme nucléaire iranien.

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