Pesticides dans le Nutella et le miel : que dit la règlementation ?

Publié : 6h28 par Alicia Méchin

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Un rapport d'une ONG environnementale a révélé la présence de traces d'insecticides interdits en France dans le Nutella et certains miels.

Les miels composés de mélanges de diverses origines, ukrainiennes, argentines ou espagnoles, sont les plus contaminés par les néonicotinoïdes dont l’acétamipride. Pour le Nutella, ces résidus proviendraient des noisettes importées, notamment de Turquie, où certaines substances restent autorisées.

Mais si ces substances sont interdites en France, pourquoi ces produits ne sont-ils pas retirés de la vente ? La réponse tient à une distinction juridique essentielle. Interdire un pesticide ne signifie pas interdire tous les aliments qui en contiennent des traces. En réalité, deux réglementations différentes s'appliquent.

La première concerne l'utilisation des pesticides par les agriculteurs. Lorsqu'une substance est interdite en France, cela signifie qu'elle ne peut plus être utilisée dans les cultures françaises.

La seconde porte sur les aliments commercialisés. Pour autoriser ou non leur vente, les autorités ne regardent pas si une substance est interdite à l'usage, mais si les résidus présents dans les aliments respectent les limites maximales de résidus (LMR) fixées par la réglementation européenne. Tant que ces seuils ne sont pas dépassés, les produits sont considérés comme conformes et peuvent légalement être commercialisés. Il n'existe donc aucune base juridique permettant d'ordonner leur retrait du marché.

Cette distinction explique pourquoi des aliments importés ou fabriqués à partir de matières premières provenant de pays où certains pesticides restent autorisés peuvent contenir des traces de ces substances tout en respectant la réglementation européenne.

Au fond, cette affaire ne met pas en évidence une illégalité, mais un paradoxe de notre système alimentaire. On peut avoir banni un pesticide de nos champs… sans l'avoir complètement sorti de notre assiette. Dès lors, le véritable débat ne porte pas tant sur la conformité des produits que sur une question de fond : les seuils réglementaires actuels offrent-ils un niveau de protection suffisant au regard des connaissances scientifiques les plus récentes ?