Pourquoi l’Arabie Saoudite investit-elle autant en France ?

Publié : 6h26 par Alicia Méchin

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Trois parcs d’attractions, dont un consacré à l’univers de Dragon Ball, doivent voir le jour près de Cergy-Pontoise.

Derrière cet investissement annoncé de 6 milliards d’euros se cache une stratégie beaucoup plus large : celle de l’Arabie saoudite pour préparer son économie à l’après-pétrole. L’annonce a de quoi surprendre. L’Arabie saoudite prévoit d’investir 6 milliards d’euros pour développer trois parcs d’attractions près de Cergy-Pontoise, en région parisienne. L’un d’eux sera consacré à l’univers de Dragon Ball. Le protocole d’accord a été signé lundi 24 août, à l’occasion de la visite à Paris du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane.

Mais pourquoi la France ? Après tout, l’Arabie saoudite pourrait investir son argent aux États-Unis, en Chine ou encore en Allemagne. La réponse se trouve en partie dans la stratégie économique du royaume.

Depuis plusieurs années, Riyad cherche à réduire sa dépendance au pétrole à travers son vaste plan « Vision 2030 ». Son objectif : diversifier l’économie saoudienne et développer de nouvelles activités, notamment dans le tourisme, les loisirs et le divertissement.

C’est précisément ce que rappelle la nouvelle stratégie 2026-2030 du Public Investment Fund (PIF), le fonds souverain saoudien. Celui-ci veut notamment diversifier ses investissements, développer de nouveaux secteurs et renforcer ses partenariats internationaux. Le tourisme, le voyage et le divertissement figurent parmi ses secteurs prioritaires.

Les trois parcs français s’inscrivent donc directement dans cette logique. Mais ils ne constituent pas une opération isolée. Depuis plusieurs années, la France et l’Arabie saoudite développent des coopérations dans les domaines du tourisme, de la culture, du patrimoine et des loisirs, notamment autour de plusieurs grands projets saoudiens.

Le choix de la France est d’ailleurs assumé par le PIF. Le fonds souverain a ouvert un bureau à Paris en 2025 et présente la France comme un « marché international prioritaire ». Il y avait déjà investi plusieurs milliards de dollars entre 2017 et 2024.

Derrière les montagnes russes et les personnages de manga, l’enjeu est donc beaucoup plus stratégique. L’Arabie saoudite ne cherche pas seulement à placer une partie de sa fortune pétrolière : elle cherche des partenaires et des savoir-faire pour bâtir les secteurs qui devront prendre le relais du pétrole.

Les trois parcs d’attractions sont ainsi une vitrine spectaculaire d’une transformation économique beaucoup plus vaste.