Pourquoi la guerre au Moyen-Orient peut creuser le déficit de la Sécurité sociale ?

Publié : 9h44 par Alicia Méchin

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Quel rapport y a-t-il entre une guerre au Moyen-Orient et le déficit de la Sécurité sociale française ?

Aucun hôpital français n’est bombardé, aucune caisse d’assurance maladie n’est directement touchée. Pourtant, la Cour des comptes estime bien que les tensions géopolitiques autour de l’Iran pourraient aggraver le déficit social français.

La Sécurité sociale est financée principalement par les cotisations prélevées sur les salaires. Autrement dit, son équilibre dépend moins qu’on ne l’imagine des dépenses de santé que de la bonne santé… des fiches de paie françaises.

Or une guerre au Moyen-Orient provoque généralement une hausse du prix du pétrole et du gaz. Pourquoi ? Parce que l’Iran se trouve au cœur d’une région stratégique pour l’approvisionnement énergétique mondial, notamment autour du détroit d’Ormuz, par lequel transite une partie essentielle du pétrole mondial.

Quand l’énergie devient plus chère, toute l’économie ralentit. Les entreprises voient leurs coûts exploser : transport, production, logistique, matières premières. Pour préserver leurs marges, elles réduisent les embauches, freinent les augmentations de salaire, limitent les primes ou les heures supplémentaires.

C’est là que le déficit de la Sécurité sociale apparaît.

Car les recettes de la Sécurité sociale reposent essentiellement sur ce que les économistes appellent la “masse salariale” : le total des salaires versés dans le secteur privé. Moins cette masse progresse, moins les cotisations rentrent. Et ce mécanisme est officiellement reconnu dans les lois de financement de la Sécurité sociale, où l’évolution de la masse salariale constitue l’un des indicateurs centraux de prévision des recettes.

Le paradoxe est donc le suivant : la guerre ne creuse pas directement les dépenses de santé françaises. Elle fragilise d’abord l’économie réelle, puis les salaires, puis les recettes sociales.

En réalité, le « trou de la Sécu » dépend parfois moins des hôpitaux… que du prix du baril de pétrole.

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