Pourquoi les compagnies aériennes ne peuvent pas absorber le choc du kérosène
Publié : 10h23 par Alicia Méchin
Si vous vouliez prendre l’avion, mieux vaut prévoir un budget plus large : les prix des billets s’envolent. En cause, la flambée du kérosène et un mécanisme beaucoup plus invisible qu’il n’y paraît.
Depuis le début du conflit au Moyen-Orient et les perturbations sur certaines routes maritimes stratégiques, les compagnies aériennes font face à une hausse brutale du prix du carburant. Air France a ainsi annoncé une surcharge de 100 euros sur ses vols long-courriers pour compenser cette évolution. En quelques semaines, la tonne de kérosène est passée d’environ 750 dollars à près de 1 900 dollars début avril.
Une envolée spectaculaire… mais une question se pose immédiatement : les compagnies peuvent-elles absorber un tel choc sans répercuter ces hausses sur les passagers ?
En réalité, la réponse est largement non. Et la raison est moins économique que structurelle, presque juridique. Le carburant aérien occupe une place à part en Europe. Il bénéficie d’un régime issu de la directive européenne sur la taxation de l’énergie qui organise une exonération largement généralisée pour l’aviation commerciale internationale. Concrètement, cela signifie qu’il n’existe pas de taxation obligatoire harmonisée sur le kérosène au niveau européen, ni de véritable mécanisme public de stabilisation de son prix.
Résultat : le kérosène est directement exposé aux marchés mondiaux. Il devient un coût “nu”, sans amortisseur fiscal comparable à celui qui existe pour d’autres énergies comme l’essence ou le diesel. Et cette particularité change tout : chaque tension géopolitique se traduit immédiatement dans le prix du carburant.
Il existe bien des mécanismes indirects pour limiter ces variations. Les compagnies aériennes utilisent par exemple des instruments financiers de couverture du carburant ou des stratégies d’achat anticipé. Mais ces outils restent partiels et ne permettent pas de neutraliser un choc aussi rapide et aussi violent.
Dans ces conditions, absorber la hausse reviendrait pour une compagnie à vendre une partie de ses sièges à perte, de manière massive et prolongée. Or, dans un secteur très concurrentiel où les marges sont déjà faibles, une telle stratégie n’est pas soutenable.
La hausse du kérosène n’est donc pas simplement un phénomène de marché. Elle révèle surtout une mécanique invisible : celle d’un carburant dont le prix est structurellement livré aux chocs mondiaux, et que les compagnies ne peuvent que répercuter, en partie, sur le prix final des billets.
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