Samuel Paty : la question de son entrée au Panthéon relancée

Publié : 29 janvier 2026 à 8h35 par Alicia Méchin

Crédit image: Rédaction / E.Escuer

Alors que quatre condamnés dans l’affaire Samuel Paty sont rejugés en appel depuis lundi à Paris, un comité de soutien relance un débat hautement symbolique : celui de l’entrée du professeur assassiné au Panthéon.

À travers cette demande, ses soutiens souhaitent rendre hommage non seulement à Samuel Paty, mais aussi à l’ensemble des enseignants, garants de la transmission des valeurs républicaines. Cette initiative intervient dans un contexte judiciaire et mémoriel encore sensible. Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie, a été assassiné en octobre 2020 après avoir exercé sa mission pédagogique autour de la liberté d’expression. Depuis, son nom est devenu un symbole du courage enseignant et de l’engagement républicain face à l’obscurantisme.

Quels sont les critères pour une panthéonisation ?

Interrogé sur cette proposition, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a déclaré comprendre la démarche et l’intention qui la sous-tend, tout en exprimant certaines réserves. Car la panthéonisation ne relève pas d’un automatisme, même lorsque l’émotion et l’adhésion morale semblent largement partagées dans la société.

Il n’existe aucun critère juridique strict définissant la « valeur » ou le « mérite » nécessaires pour entrer au Panthéon. La loi ne fixe pas de conditions précises, mais évoque des notions générales telles que la dignité nationale, la reconnaissance posthume et la compatibilité avec la mémoire républicaine. Des critères volontairement larges, souvent interprétés à la lumière de l’histoire et du contexte politique.

La décision finale appartient exclusivement au président de la République, qui peut prononcer une panthéonisation par décret en Conseil des ministres. Le cadre procédural est donc clairement défini, mais le fond reste largement soumis à l’appréciation du chef de l’État. Même lorsqu’un consensus moral semble se dessiner, aucune obligation légale ne contraint le président à suivre les recommandations de la société civile ou des comités de soutien.

Au-delà de l’hommage individuel, la panthéonisation engage l’État, la mémoire collective et la tradition républicaine. Elle impose donc un temps de réflexion et de prudence, même lorsque le geste apparaît, pour beaucoup, comme moralement évident.

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