Accès aux soins : pourquoi les délais médicaux continuent d’exploser en France

Publié : 12h15 par Alicia Méchin

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Le constat est sans appel : les Français rencontrent toujours autant de difficultés pour obtenir un rendez-vous médical.

Selon le dernier baromètre de la Fédération hospitalière de France, réalisé avec Ipsos et BVA, les délais d’accès aux soins continuent d’augmenter « de façon alarmante ». Il faut attendre 3 fois plus longtemps qu’en 2019, faute de soignants formés dans certains domaines.

Cette situation s’explique en grande partie par un manque de professionnels de santé formés dans certains domaines. Face à ce constat, des réformes ont pourtant été engagées, notamment la suppression du numerus clausus, longtemps accusé de limiter le nombre de médecins en France. Une mesure qui devrait, en théorie, améliorer l’accès aux soins. 

Mais dans les faits, la situation reste plus complexe. Le véritable enjeu ne réside pas seulement dans le nombre total de médecins, mais dans leur répartition entre les différentes spécialités. Former davantage d’étudiants en médecine ne garantit pas que les disciplines les plus en tension bénéficieront de renforts suffisants.

En effet, la régulation n’a pas totalement disparu. À la fin de leurs études, les futurs médecins passent les Épreuves Dématérialisées Nationales, un concours déterminant pour leur orientation. Chaque année, le gouvernement fixe par arrêté le nombre de postes ouverts dans chaque spécialité : dermatologie, cardiologie, pédiatrie ou encore psychiatrie. Ce système maintient donc une forme de quota, limitant mécaniquement l’accès à certaines filières.

Résultat : même avec un nombre accru d’étudiants, il n’existe pas d’« offre illimitée » de médecins dans les spécialités les plus demandées. La régulation continue d’encadrer strictement les choix et les débouchés.

Au final, la France pourrait former davantage de médecins sans pour autant résoudre ses pénuries les plus critiques. Tant que le nombre de postes par spécialité restera limité par la loi, les délais risquent de continuer à s’allonger dans les disciplines déjà sous tension, laissant de nombreux patients sans réponse rapide à leurs besoins de soins.

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