Affaire Xenia Fedorova : pourquoi une personne expulsée peut-elle encore rester en France ?

Publié : 6h46 par Alicia Méchin

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Xenia Fedorova, ancienne dirigeante de la chaîne russe RT France et chroniqueuse régulière sur CNews, est visée par un arrêté d'expulsion pris par le ministère de l'Intérieur.

Pourtant, malgré cette décision, elle peut encore être présente sur le territoire français. Deux options s'offrent à elle : quitter volontairement la France, ou rester et s'exposer aux mesures prévues par le Code de l'entrée et du séjour des étrangers. Elle ne pourra plus travailler, elle sera assignée à résidence et devra pointer au commissariat une fois par jour.

En réalité, un arrêté d'expulsion n'est pas l'expulsion elle-même. En droit français, il s'agit d'une décision administrative qui crée une obligation de quitter le territoire. Dès que l'arrêté est notifié, la personne concernée est juridiquement tenue de partir. Mais cette obligation ne signifie pas qu'elle sera immédiatement conduite à la frontière ou placée dans un avion.

Le droit distingue en effet deux étapes : la décision d'expulsion, puis son exécution. Entre les deux, une procédure est prévue par le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA). La personne visée peut notamment contester la décision devant le juge administratif, tandis que l'administration doit organiser concrètement son éloignement.

Si le départ ne peut pas intervenir immédiatement, la loi prévoit plusieurs mesures pour garantir l'exécution de la décision. L'une d'elles est l'assignation à résidence, qui permet de maintenir la personne sous contrôle en attendant son départ. Dans d'autres situations, un placement en rétention administrative peut également être envisagé. L'administration doit aussi accomplir de nombreuses démarches matérielles : obtenir les documents de voyage nécessaires, organiser le transport ou encore coopérer avec l'État de destination.

C'est ce qui explique qu'une personne visée par un arrêté d'expulsion puisse encore se trouver en France plusieurs jours, voire plusieurs semaines après la décision. Il ne s'agit pas d'un droit à rester sur le territoire, mais du temps nécessaire à l'exécution d'une procédure strictement encadrée par la loi.

Le terme « expulsion » peut donc prêter à confusion. Il laisse penser à un départ immédiat, alors qu'en pratique il marque souvent le début d'un processus juridique. En matière de droit des étrangers, la décision et son exécution sont deux étapes distinctes, chacune répondant à des règles précises et soumises au contrôle du juge.