Procès Troadec : 30 ans de prison pour Hubert Caouissin, 3 pour Lydie Troadec

8 juillet 2021 à 6h52 par Iris Mazzacurati

Hubert Caouissin et Lydie Troadec devant le tribunal de Loire-Atlantique.

Crédit : CC by Benoit PEYRUCQ / AFP

Hubert Caouissin, l'homme qui avait tué les quatre membres de la famille Troadec à coups de pied de biche, en février 2017, à Orvault près de Nantes, et sa femme, Lydie Troadec qui l'avait aidé à dissimuler son crime ont été condamné mercredi 7 juillet à 30 ans et 3 ans de prisons...

Pour le quadruple meurtre de la famille Troadec, Hubert Caouissin, 50 ans, a été condamné à 30 ans de réclusion criminelle. Après plus de sept heures de délibéré, la cour d'assises a retenu l'altération du discernement de l'accusé, lui faisant ainsi bénéficier d'une atténuation de peine. Le ministère public avait requis la réclusion criminelle à perpétuité assorti d'une peine de sûreté de 22 ans à l'encontre de M. Caouissin. Son ancienne compagne, Lydie Troadec, 52 ans, qui comparaissait libre, a elle été condamnée à trois ans de prison, dont deux ans ferme, pour modification de scène de crimes et recel de cadavre. Elle a été incarcérée à l'issue de l'audience. La culpabilité de M. Caouissin ne faisait pas de doute : il avait reconnu avoir tué les membres de sa belle-famille à leur domicile d'Orvault, près de Nantes, dans la nuit du 16 au 17 février 2017 : Brigitte et Pascal Troadec (49 ans) ainsi que leurs enfants Charlotte (18 ans) et Sébastien (21 ans).


"Délire paranoïaque" 


Dans sa ferme du Finistère, l'ancien ouvrier de l'arsenal de Brest avait ensuite dépecé minutieusement les corps au couteau de cuisine pendant trois jours, jetant les muscles et les viscères dans des ronciers, dans l'espoir qu'ils soient mangés par des animaux sauvages, et incinérant les os, la peau et le gras dans sa chaudière. Ses avocats avaient demandé aux jurés de ne pas condamner l'accusé à la perpétuité et de lui accorder l'atténuation de peine prévue par le code pénal en cas d'altération du discernement. M. Caouissin souffre en effet d'un "délire chronique de type paranoïaque", reconnu unanimement par les experts psychiatres et psychologues, a pointé Me Thierry Fillion. Au moment des faits, l'accusé était convaincu que Pascal Troadec avait subtilisé un trésor familial de lingots d'or découvert à Brest, vestige de l'or de la Banque de France évacué vers le Canada au début de la Seconde guerre mondiale. M. Caouissin a raconté s'être rendu à Orvault pour récolter des "informations" sur le vol de ce trésor imaginaire. Assailli dès son entrée dans la maison, il a maintenu avoir tué ses victimes pour se défendre. (Avec AFP)