Anne, escroquée par un faux Brad Pitt, réclame réparation à ses banques

Publié : 10h28 par Alicia Méchin

Crédit image: Pixabay

Anne, victime d'un brouteur se faisant passer pour Brad Pitt, réclame désormais dédommagement aux banques.

L’histoire d’Anne avait fait la UNE des médias en 2025 : cette jeune femme avait été victime d’une escroquerie d’envergure, perdant 830 000 euros au profit d’un homme se faisant passer pour Brad Pitt. Cette affaire, digne d’un scénario de film, avait suscité indignation et fascination. Aujourd’hui, Anne décide de pousser le dossier plus loin en se tournant contre ses banques, qu’elle accuse d’avoir laissé passer des virements malgré des libellés qu’elle juge suspects.

Les banques sont-elles réellement responsables dans ce type de situation ? Pour Anne, la réponse est claire. Elle réclame une réparation financière, estimant que les établissements financiers auraient dû alerter ou bloquer les transactions. Mais la législation française semble nuancer cette démarche.

En droit des paiements, la règle est précise : le client reste juridiquement consentant tant qu’aucune anomalie flagrante n’a été détectée par la banque. Selon le Code monétaire et financier, une opération est considérée comme autorisée si le payeur a validé le virement, a utilisé l’authentification forte prévue par sa banque, ou n’a pas été victime de piratage informatique.

Autrement dit, la manipulation psychologique ne suffit pas à invalider le consentement. Les banques ne sont donc tenues de rembourser que dans les cas de fraude technique, tels que le piratage de compte ou le phishing.

Cette distinction illustre une réalité souvent méconnue : le droit bancaire protège avant tout contre la fraude informatique, mais pas contre les fraudes affectives ou émotionnelles. Une victime qui se laisse berner par des techniques d’ingénierie sociale, aussi sophistiquées soient-elles, reste juridiquement responsable de ses transactions.

Le cas d'Anne met en lumière la limite de la protection bancaire face aux nouvelles formes d’escroquerie, et pose un débat plus large sur la responsabilité des institutions financières face à l’ingéniosité des fraudeurs.

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