Arrêts maladie : la hausse des dépenses ne prouve pas les abus

Publié : 6h00 par Alicia Méchin

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Le gouvernement a renforcé les règles encadrant les arrêts maladie depuis la rentrée, avec notamment une durée maximale pour les prescriptions et de nouvelles obligations pour les médecins.

Depuis le 1er septembre, les médecins doivent composer avec de nouvelles règles pour prescrire des arrêts maladie. Une première prescription est désormais limitée à 31 jours maximum, tandis qu’un renouvellement peut aller jusqu’à deux mois. Le praticien doit également préciser le motif médical de l’arrêt sur le formulaire de prescription.

L’objectif affiché par le gouvernement est clair : mieux encadrer les arrêts de travail et lutter contre les abus. Mais sur quoi repose exactement cette volonté de renforcer les contrôles ?

La réponse se trouve notamment dans les dépenses de l’Assurance maladie. En 2025, elle a versé 17,9 milliards d’euros d’indemnités journalières. C’est environ 7 milliards d’euros de plus qu’en 2016. Une progression considérable, qui alimente les inquiétudes sur la soutenabilité financière du système. Mais une hausse des dépenses ne signifie pas automatiquement une hausse des abus.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer mécaniquement l’augmentation de la facture. D’abord, l’inflation et la progression des salaires. Les indemnités journalières étant calculées à partir des revenus du salarié, lorsque les salaires augmentent, le montant versé par l’Assurance maladie peut lui aussi progresser.

Autre facteur : l’évolution de la population active. Les salariés sont plus nombreux et travaillent plus longtemps, notamment avec l’augmentation de l’emploi des seniors. Or, l’âge peut être associé à une fréquence plus importante de certains problèmes de santé et donc à des arrêts plus longs.

Le gouvernement dispose donc d’un constat incontestable : les dépenses liées aux arrêts maladie augmentent fortement. En revanche, ce chiffre ne permet pas, à lui seul, de déterminer quelle part correspond à des abus.

La logique de la réforme est donc moins de considérer que tous les arrêts sont suspects que de resserrer les règles et renforcer les possibilités de contrôle afin de mieux distinguer les arrêts médicalement justifiés des situations qui pourraient relever d’un abus.

Autrement dit, le gouvernement ne part pas d’une preuve de fraude. Il part d’une facture qui augmente et cherche à mieux contrôler ce qui l’alimente.