Barbie autiste : pourquoi Mattel fait de l’inclusif
Publié : 8h06 par Alicia Méchin
Mattel a récemment dévoilé une nouvelle poupée Barbie représentant une personne atteinte d’un trouble du spectre de l’autisme.
Cette annonce s’inscrit dans une démarche déjà amorcée par la marque, qui a lancé ces dernières années des poupées atteintes de diabète de type 1, de trisomie 21, de cécité ou encore de vitiligo. L’objectif affiché est clair : permettre à un plus grand nombre de petites filles de s’identifier à leurs jouets, et refléter davantage la diversité du monde réel.
Pourquoi cela n’existait-il pas plus tôt ?
En réalité, ce retard apparent s’explique par un cadre juridique et sociétal précis. Jusqu’à aujourd’hui, ni Mattel ni aucune autre entreprise n’étaient légalement tenues de représenter les personnes handicapées dans leurs produits. Le droit de la non-discrimination s’applique essentiellement à des situations concrètes d’exclusion : refuser l’accès à un service, empêcher l’achat d’un produit, ou traiter différemment un client en raison de son handicap. En revanche, l’absence de représentation, aussi problématique soit-elle sur le plan symbolique, n’a jamais été considérée comme illégale en soi. Aucune loi n’oblige une marque à montrer le handicap sur une poupée.
Alors pourquoi ce changement aujourd’hui ? Parce que les entreprises ne se contentent plus d’appliquer la loi au sens strict. Elles anticipent de plus en plus ce que la société considère comme injuste ou inacceptable. Le regard juridique et institutionnel évolue lui aussi. Progressivement, tribunaux, directives européennes et conventions internationales commencent à reconnaître que l’invisibilité prolongée d’un groupe peut produire des effets discriminatoires indirects.
Un texte joue un rôle clé dans cette évolution : la Convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées. Son article 8 invite explicitement les États à lutter contre les stéréotypes, les préjugés et les représentations négatives, tout en encourageant la promotion d’une image positive et réaliste des personnes handicapées dans la société. Même si cette convention ne crée pas d’obligation directe pour les fabricants de jouets, elle influence les politiques publiques, les normes culturelles et, à terme, les stratégies des entreprises.
La nouvelle Barbie autiste n’arrive donc pas en retard. Elle arrive à un moment charnière, où l’invisibilité commence à être perçue comme un problème en soi, non seulement sur le plan moral, mais aussi dans ses conséquences sociales réelles. Cette poupée ne répond pas à une contrainte légale, mais à une transformation profonde des attentes collectives.
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