Conflit États-Unis–Israël–Iran : que dit le droit international ?

Publié : 11h27 par Alicia Méchin

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Une escalade militaire majeure oppose depuis samedi les États-Unis et Israël à l’Iran. Un conflit qui soulève de nombreuses questions, à commencer par sa légitimité.

Les frappes aériennes et les tirs de missiles coordonnés sur le territoire iranien ont provoqué une riposte rapide de Téhéran, via des missiles et des drones, et tendent à déstabiliser l’ensemble de la région.

Donald Trump avait déjà menacé d’intervenir militairement contre l’Iran à plusieurs reprises, notamment dans le cadre des négociations sur le programme nucléaire iranien. Des menaces, longtemps restées verbales, qui se concrétisent avec ces frappes, qui marquent un tournant significatif dans la dynamique géopolitique du Moyen-Orient.

De son côté, l’Iran a dénoncé les opérations, qualifiant ces attaques de « violation du droit international » dans une lettre adressée aux Nations unies. Quelle est la place du droit international dans un conflit impliquant des puissances dotées de capacités militaires importantes ?

En droit international, l’usage de la force contre un autre État est strictement encadré. La Charte des Nations unies interdit toute attaque militaire, sauf en cas de légitime défense ou d’autorisation explicite du Conseil de sécurité. Certains États avancent le concept de légitime défense préventive, invoquant une menace hypothétique, comme un programme nucléaire. Mais cette justification reste controversée et est souvent jugée insuffisante par les juristes internationaux.

Pour l’heure, le conflit est toujours en cours, et aucun vote final sur d’éventuelles sanctions n’a été tenu au Conseil de sécurité. Or, toute décision contraignante nécessite l’accord des cinq membres permanents — dont les États-Unis — qui disposent du droit de veto. Ce mécanisme politique limite ainsi la capacité de l’ONU à appliquer le droit international face à des États puissants.

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