Corée du Nord : pourquoi ses tirs de missiles inquiètent-ils autant la communauté internationale ?

Publié : 13 octobre 2026 à 6h00 par La rédaction

Crédit image: Pixabay

La Corée du Nord a tiré plusieurs missiles balistiques vers la mer du Japon, selon Séoul, lundi 12 octobre.

La Corée du Nord a de nouveau procédé à des tirs de missiles balistiques. Lundi 12 octobre, l’armée sud-coréenne a annoncé avoir détecté plusieurs projectiles tirés par son voisin en direction de la mer du Japon. Elle a indiqué renforcer sa surveillance afin de détecter d’éventuels nouveaux lancements.

Ces annonces suscitent régulièrement des inquiétudes dans la région, où le Japon et la Corée du Sud surveillent de près les capacités militaires nord-coréennes. Pourtant, chaque tir ne signifie pas nécessairement qu’une attaque est imminente. Il peut aussi s’agir d’une démonstration de force ou d’un essai destiné à vérifier les performances d’un système d’armes.

 

Des tirs interdits par l’ONU

Mais il existe une particularité juridique qui distingue le cas nord-coréen de nombreux autres programmes militaires : les lancements utilisant la technologie des missiles balistiques sont explicitement interdits à la Corée du Nord par plusieurs résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU.

Dès juillet 2006, la résolution 1695 condamne les activités nord-coréennes liées aux missiles balistiques. En octobre de la même année, après le premier essai nucléaire du pays, la résolution 1718 impose de nouvelles obligations à Pyongyang, notamment l’interdiction de procéder à de tels lancements.

Cette interdiction ne dépend pas du fait que le missile transporte ou non une charge nucléaire. Elle ne disparaît pas non plus lorsque le projectile retombe en mer. Autrement dit, le problème ne se limite pas à la destination du missile ou au risque immédiat d’une attaque : il concerne aussi le respect des décisions internationales.

Le Conseil de sécurité peut imposer des sanctions et condamner les tirs, mais il ne dispose pas d'un moyen permettant d'empêcher matériellement chaque lancement. C’est tout le paradoxe de ces essais : la Corée du Nord poursuit un programme militaire malgré une interdiction internationale, tandis que ses voisins doivent rester en alerte.

Ce qui inquiète, ce n’est donc pas seulement le missile qui retombe en mer. C’est aussi le message qu’il envoie : même quand l’ONU interdit quelque chose, elle n’a pas forcément les moyens d’empêcher un pays de le faire.

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