Coupe du monde 2026 : la FIFA choisit les participants, les États-Unis décident qui entre

Publié : 11h19 par Alicia Méchin

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Le refus d'entrée aux États-Unis d'un arbitre somalien sélectionné pour la Coupe du monde 2026 a suscité l'indignation.

Beaucoup y voient une contradiction : comment un pays peut-il accueillir la plus grande compétition sportive de la planète tout en refusant l'accès à certains de ceux qui doivent y participer ? Sans surprise, juridiquement, les États-Unis en ont le droit.

Cette affaire tient à un principe fondamental du droit international : la souveraineté territoriale. Même lorsqu'il accueille une Coupe du monde, un État conserve le pouvoir de décider qui entre sur son territoire. La FIFA peut organiser la compétition, sélectionner les arbitres et exiger certaines garanties lors de la candidature d'un pays, mais elle ne contrôle pas les frontières.

C'est d'ailleurs là que se niche un paradoxe. Beaucoup imaginent que les engagements pris par un pays candidat à la FIFA l'obligent à accueillir tous les participants accrédités. En réalité, ces garanties sont souvent rédigées de manière prudente. Elles prévoient une coopération sur les visas ou une facilitation des procédures, mais rarement une obligation absolue d'admettre toute personne désignée par la FIFA.

Dès lors, que risque Washington s'il est accusé de ne pas respecter l'esprit de ses promesses ? Probablement moins qu'on ne l'imagine.

Car la marge de manœuvre de la FIFA est très limitée. D'abord parce qu'il serait juridiquement complexe de démontrer une violation caractérisée des engagements pris. Ensuite parce que le rapport de force lui est défavorable. Les États-Unis représentent l'un des marchés les plus importants du football mondial et le centre économique du Mondial 2026. La FIFA a donc davantage intérêt à négocier qu'à entrer dans un bras de fer.

Cette affaire révèle finalement une réalité souvent ignorée : la qualification à une compétition internationale ne dépend pas uniquement du mérite sportif. Elle dépend aussi du pays qui l'accueille. La FIFA choisit les participants, mais l'État hôte garde le dernier mot sur leur entrée. Sur le terrain, les règles sont celles du football. À la frontière, ce sont celles de la souveraineté.

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