Crise sociale : quel est réellement le rôle du président de la République ?

Publié : 6h00 par La rédaction

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Critiqué pour son absence pendant la mobilisation sociale et les violences du 17 octobre, Emmanuel Macron a multiplié les rendez-vous ces derniers jours.

Concert de Céline Dion, déplacement aux Émirats arabes unis… Emmanuel Macron a essuyé de nombreuses critiques pour son absence, en pleine mobilisation sociale, puis après les violences qui ont secoué la France le 17 octobre. Depuis, le chef de l'État a multiplié les réunions et les prises de parole, notamment pour préparer les nouvelles manifestations prévues samedi.

Mais en période de crise sociale, quel est réellement le rôle du président de la République ? C'est tout le paradoxe de la Ve République : les Français attendent des réponses du président, alors que la Constitution confie d'abord la gestion de la crise au Premier ministre et à ses ministres.

L'article 20 de la Constitution est explicite : « Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation. » Il dispose également de l'administration et de la force armée. Concrètement, le maintien de l'ordre relève principalement du ministre de l'Intérieur et des préfets, qui disposent des compétences nécessaires pour organiser les dispositifs de sécurité. Le président de la République ne dirige donc pas directement les opérations policières sur le terrain.

Cela ne signifie pas qu'il est dépourvu de pouvoir. Emmanuel Macron conserve une influence politique majeure et peut notamment réunir les responsables de la sécurité, participer aux arbitrages gouvernementaux ou s'adresser aux Français. Mais aucune disposition constitutionnelle ne l'oblige à prendre publiquement la parole lors d'une crise sociale.

 

Un président qui ne peut pas être censuré

Autre particularité institutionnelle : la responsabilité politique devant les députés ne repose pas sur le président, mais sur le gouvernement. Si l'Assemblée nationale estime que la crise est mal gérée, elle peut adopter une motion de censure et contraindre le gouvernement à démissionner, conformément aux articles 49 et 50 de la Constitution. En revanche, les députés ne peuvent pas renverser le président par ce mécanisme.

Voilà toute la singularité du système français : en période de crise, les regards se tournent vers celui qui incarne le pouvoir, alors que ceux qui doivent en répondre devant l'Assemblée nationale sont le Premier ministre et ses ministres.