Élections européennes 2024 : à quoi sert un député européen ?

7 juin 2024 à 7h00 par Étienne Escuer

Le Parlement européen.
Le Parlement européen.
Crédit : Commons - Treehill

Les élections européennes se tiennent ce dimanche 9 juin en France. Mais à quoi sert un député européen ?

 

Depuis ce jeudi 6 juin et jusqu’au dimanche 9 juin, 360 millions d’électeurs de l’Union Européenne sont appelés aux urnes, dans les 27 pays-membres. La France enverra cette année 81 députés au Parlement européen, qui compte 720 élus.

 

 

Le mode de scrutin

 

Chaque État peut choisir son mode de scrutin. En France, c’est un scrutin de liste, sur un seul tour, et avec une seule circonscription nationale. Tout le monde vote donc pour les mêmes listes. Elles sont 38 en lice cette année, et doivent respecter la parité. Le scrutin est proportionnel, c’est-à-dire que les 81 sièges sont répartis en fonction du score des listes. Mais attention, il faut dépasser la barre des 5% pour envoyer des élus au Parlement ! Mathématiquement, plus les listes seront nombreuses à franchir ce seuil, moins la liste arrivée en tête obtiendra donc de sièges. Une fois élus, les eurodéputés français rejoindront des groupes transnationaux, par affinités, avec les élus des autres pays. Le parti qui arrive en tête en France n'aura pas forcément de majorité au niveau européen. Il faut être 23 au minimum pour créer un groupe, et représenter un quart des États membres. Jusque-là, le Parlement comptait 7 groupes, plus les non-inscrits.

 

 

Le rôle du Parlement

 

Le Parlement européen, c’est l’institution européenne qui représente les citoyens, et la seule à être élue au suffrage universel direct (seulement depuis 1979). Basé à Strasbourg, il a 3 grandes compétences. La première est législative, le Parlement vote les textes proposés par la Commission européenne (l’équivalent du gouvernement). Pour qu’un texte soit adopté, il doit être voté dans les mêmes termes par le Parlement et par le conseil de l’UE, c’est-à-dire les ministres des états membres. Une autre de ses compétences est budgétaire, le Parlement est chargé du vote du budget et de l’examen de l’exécution de celui-ci. Enfin, le Parlement européen a un rôle de contrôle : c’est lui qui élit le président de la Commission européenne, l’un des postes-clés de l’UE, ainsi que les commissaires européens. Il peut aussi adopter une motion de censure contre la Commission.

 

 

L’Europe dans notre quotidien

 

Vous en avez marre de racheter un chargeur à chaque nouveau téléphone ? A partir de décembre prochain, l’UE va imposer un chargeur universel. La mesure concernera aussi les ordinateurs portables à compter d’avril 2026. Autre mesure votée ces dernières années : la fin des voitures à moteur thermique, à partir de 2035. L’Union Européenne a décidé aussi de la fin du plastique à usage unique, d’ici 2030. Fini par exemple les petites dosettes de sauce au restaurant, les mini-flacons de shampooing dans les hôtels ou les emballages plastiques des fruits et légumes non transformés. Grâce à l’Union Européenne, vous pourrez aussi effectuer des virements bancaires instantanés gratuits au plus tard à l’automne 2025. Un texte voté l’an dernier, le Digital Services Act (DSA), a lui pour but de réguler les réseaux sociaux. Ces derniers doivent désormais proposer un outil pour signaler les contenus haineux et leurs publicités ne peuvent plus cibler les mineurs. Le pouvoir des grandes entreprises de la tech est également restreint, pour tenter de briser leur monopole. C’est donc à cause de l’UE que vous n’avez plus directement accès à Maps depuis Google.

 

 

Le scrutin va-t-il bouleverser les équilibres ?

 

Difficile bien sûr de prédire ce que sera le résultat de dimanche. Mais si l’on se fie aux sondages, plusieurs tendances semblent se dégager : une stabilité de la droite et de la gauche, un recul des centristes et des écologistes, et une poussée de l’extrême-droite. Cela pourrait bouleverser l’équilibre de l’UE, où la Commission présidée par Ursula von der Leyen travaille avec une coalition qui regroupe la droite, le centre, les sociaux-démocrates et les écologistes. Avec le recul des centristes et des écologistes, elle pourrait ne plus avoir de majorité. Depuis plusieurs semaines, von der Leyen tente d’ailleurs de se rapprocher d’une partie des partis nationalistes. Le numéro d’équilibriste semble toutefois compliqué, puisque socialistes, centristes et écologistes rejettent toute alliance avec l’extrême-droite. Qui plus est, l’extrême-droite est actuellement divisée en deux groupes, l’un eurosceptique et pro-Russe (dont fait partie le RN), l’autre plus europhile et pro-Ukraine. Y’aura-t-il un rapprochement après le scrutin ? Rien n’est tranché pour l’instant. Si Ursula von der Leyen ne parvient pas à construire une majorité, un autre candidat pourrait lui être préféré. C’est le Conseil européen, un organe de l’UE qui réunit les chefs d’États des pays membres, qui propose un nom pour la présidence de la Commission Européenne.