En Allemagne, en Suisse et en Autriche, l’école enseigne aussi le bonheur

Publié : 6h00 par Alicia Méchin

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Et si le bonheur s’apprenait à l’école ? C’est le pari de plusieurs établissements en Allemagne, en Suisse et en Autriche, où des « cours de bonheur » sont proposés aux élèves depuis plusieurs années.

L’objectif n’est pas de leur promettre une vie sans difficultés, mais de leur donner des outils pour mieux se connaître, développer leur confiance en eux et apprendre à gérer leurs émotions. L’initiative est née en Allemagne sous l’impulsion de l’Institut Fritz Schubert, à Heidelberg. Depuis 2009, près de 2 000 enseignants ont été formés à cette approche pédagogique dans les pays germanophones. Si seulement une partie des établissements propose un véritable cours dédié, les principes du bonheur sont souvent intégrés à des matières comme l’éthique ou la philosophie.

Concrètement, ces cours se distinguent des enseignements traditionnels. Les élèves sont invités à travailler sur leurs qualités, leurs faiblesses et leurs aspirations. Ils participent à des activités de groupe, apprennent à exprimer leurs émotions et réfléchissent à des situations de leur quotidien. L’idée est de favoriser l’estime de soi, l’écoute des autres et la capacité à surmonter les difficultés.

Dans certains établissements, les adolescents volontaires suivent ces séances dès l’entrée au collège. Les enseignants les encouragent à parler de leurs préoccupations, à partager leurs expériences et à développer des projets personnels. Cette démarche vise notamment à les accompagner durant la période parfois complexe de la puberté.

Fait surprenant : comme dans les autres matières, les élèves peuvent être évalués. Cependant, il ne s’agit pas de contrôles classiques. Les enseignants jugent plutôt l’implication des jeunes, leur réflexion personnelle ou la réalisation de projets liés à leur épanouissement.

Pour les défenseurs de cette approche, le but n’est pas de mesurer le niveau de bonheur des élèves, mais de les aider à devenir des individus plus autonomes et plus conscients de leurs ressources. Une manière de rappeler que la réussite scolaire ne se résume pas aux seules performances académiques, mais passe aussi par le bien-être et l’épanouissement personnel.