Fortes chaleurs : que dit la loi ?

Publié : 11h30 par Alicia Méchin

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La question revient à chaque épisode de canicule : peut-on légalement refuser d’aller travailler ou d’aller à l’école lorsqu’il fait trop chaud ?

L’idée la plus importante est la suivante : en France, il n’existe aucune température maximale légale au-delà de laquelle le travail ou les cours seraient automatiquement suspendus. Aucun texte ne dit qu’à 35, 38 ou 40 degrés, salariés et élèves peuvent rester chez eux.

En réalité, la loi raisonne autrement : ce n’est pas la température en elle-même qui compte, mais le danger concret pour la santé.

Dans le monde du travail, l’employeur a une obligation générale de sécurité. Il doit protéger la santé physique de ses salariés et adapter les conditions de travail en cas de fortes chaleurs : accès à l’eau fraîche, pauses, ventilation, aménagement des horaires ou limitation des tâches physiques. Depuis 2025, ces obligations ont d’ailleurs été renforcées pour les épisodes de canicule.

Mais cela ne crée pas un “droit à rester chez soi”. Un salarié qui refuse simplement de venir travailler parce qu’il fait très chaud pourrait être sanctionné. En revanche, il peut exercer son droit de retrait s’il estime être exposé à un danger grave et imminent : absence d’eau, local étouffant, travail physique sous un soleil extrême, malaises répétés, etc. Le critère juridique central n’est donc pas la météo, mais l’existence d’un risque sérieux pour la santé.

Pour les élèves, la situation est différente. Le droit de retrait n’existe pas juridiquement à l’école, car il s’agit d’un mécanisme réservé aux travailleurs dans le Code du travail. Un collégien ou un lycéen ne peut donc pas invoquer officiellement un droit de retrait pour ne pas assister aux cours ou passer un examen.

L’État et les établissements scolaires restent toutefois responsables de la sécurité des élèves. En cas de conditions jugées dangereuses, les autorités peuvent fermer des écoles, aménager les horaires ou reporter certaines activités. Mais tant qu’aucune décision officielle n’est prise, l’école et les examens peuvent légalement être maintenus, même en période de forte chaleur.

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