Français expatriés à Dubaï : le piège fiscal du retour

Publié : 10h17 par Alicia Méchin

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La guerre au Moyen-Orient perturbe la vie de nombreux expatriés installés à Dubaï, y compris celle de certains influenceurs français.

Bloqués à l’étranger ou contraints de quitter la région au moment du déclenchement du conflit, ils se retrouvent face à une inquiétude bien réelle : perdre leurs avantages fiscaux. En effet, pour conserver le statut de résident fiscal aux Émirats arabes unis, il est nécessaire de passer au moins 183 jours par an sur le territoire.

Dès lors, une question se pose : un Français qui rentre en France pour une période prolongée devient-il à nouveau imposable dans l’Hexagone ? 

En matière de fiscalité, ce n’est pas simplement l’adresse déclarée qui fait foi, mais la réalité de la vie quotidienne. Certes, la durée de présence est un critère important : rester plus de 183 jours en France constitue un indice fort. Mais ce n’est pas le seul élément pris en compte par l’administration fiscale.

Ce qui compte réellement, ce sont plusieurs critères déterminants : l’endroit où se situe le logement principal, le lieu de résidence de la famille, l’endroit où l’activité professionnelle est exercée, et surtout la provenance des revenus. Autrement dit, il s’agit d’évaluer où se trouve le centre des intérêts économiques et personnels.

Prenons le cas d’un influenceur qui revient en France “temporairement”. S’il continue à produire du contenu, à collaborer avec des marques françaises, et à vivre concrètement sur le territoire, l’administration fiscale pourra considérer qu’il y a transféré sa résidence fiscale. Peu importe qu’il conserve une adresse ou un statut officiel à Dubaï : ce qui prime, c’est la réalité de son activité et de sa présence.

Dans ce cas, il redevient résident fiscal français et se retrouve imposable en France sur l’ensemble de ses revenus mondiaux. En clair, le fisc ne se fie pas aux déclarations, mais aux faits. Ce n’est pas l’adresse affichée qui compte, mais la réalité du mode de vie.

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